MARSEILLE SAUVÉE PAR UN PAUVRE BOUGRE

Macron est Marseillais. Vous êtes peut-être bien au courant puisque moi qui ne regarde plus la télé, écoute peu la radio et ne lis pas les journaux (vous devriez essayer ça fait du bien comme un rot après un dîner redondant !), j'ai fini par l'apprendre. Encore la faute à ce téléphone qui ne trie toujours pas les seules informations susceptibles de me réjouir. On gagnerait beaucoup de temps !

C'est bien aux frais de l'État (et l'État c'est nous !)  que Macron a entamé sa campagne à Marseille, là où ses amis marcheurs et les ânes républicains qui portent leurs bagages, ont pris une veste monumentale aux dernières municipales. C'est d'ailleurs parce qu'il juge que le maire Benoît Payan, élu au nom de toute la gauche (des socialos d'opérette aux LFI de compète) est un incapable, qu'il a déplacé son auguste majesté jusque dans les bas-fonds des peuplades méditerranéennes. Pour leur expliquer la vie tout en nettoyant les écuries phocéennes de leur kalach, de leur came et de la racaille qui va avec. Vous pouvez en être certain avec Saint-Emmanuel-les-mains-jointes, des Goudes à l'Estaque, le prochain quinquennat ce sera "plus belle la vie" et en cent fois mieux...

Donc ce type qui se déplace avec ses gros sabots, mais que l'on tient à nous présenter dans les médias comme un séducteur irrésistible et raffiné (comme à la Mède) s'est délesté de son costume de président, pour revêtir le maillot de l'OM (qui lui convient il est vrai beaucoup mieux) et se faire aussi gros que la sardine qui bouche le port de Marseille à la fin de l'apéro nocturne. Il y forme avec son copain Muselier un joli couple pagnolesque.

Je lis que ce nouveau Monsieur Brun n'a pas résisté à l'appel de la jeunesse allant faire le joli cœur auprès des élèves dont il n'est, après tout, pas si éloigné par l'âge. Chirac préférait lui, tâter le cul des vaches... Et donc la question inévitable finit par tomber : " Combien vous gagnez d'argent ? ". Voici la société extrême libérale dans toute sa crudité. Le gamin quand il voit Macron, il lui parle pognon. Et l'autre de ne pas se démonter : "8 500 euros". Que 8 500 euros ! Mais en fait c'est du net de net. Après impôts et uniquement pour ses menues dépenses. Parce que : pas de loyer, pas de voiture ni d'assurances, pas de location à Brégançon, j'en passe et des meilleures. L'aide-soignante et son ruissellement de 1750 pièces mensuelles, elle doit se loger, se nourrir, se déplacer, payer ses impôts et charges diverses. Pas ses vacances car elle serait bien incapable de se les offrir...

Voilà, voilà, si vous avez vu, lu ou écouté les infos, on vous a raconté hier soir un joli conte à vomir debout. Au pays des nantis, de M'Papé et Bernard Arnault, des hauts-fonctionnaires et des startuper qui-n'en-veulent, le président de la République serait finalement, un pauvre bougre...

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