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Billet de blog 2 déc. 2021

LES RÉPUBLICAINS EN LIQUIDATION

Que vous regardiez l'une ou bien l'autre, ils n'ont pas l'allure farceuse, les candidats Les Républicains. Ce ne sont pas forcément les pires, mais à l'image de leur vision du monde, mesquine, étriquée, ils ne déclenchent pas l'hilarité...

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Et pourtant ! Leurs primaires donnent toujours lieu à d'improbables retournements. 2017 avait déjà été spectaculaire avec la branlée tellurique secouant Sarkozy - il est vrai déjà plus près du bracelet électronique que de la breitling de son ami Séguéla -. Sans compter les glorieux 2 % d'un dénommé Le Maire Bruno, désertant aussitôt son camp pour aller très vite sucer les roues du char macronien. Fillon, le délinquant, prenant donc le rôle d'outsider derrière le "meilleur d'entre eux" selon feu Chirac, le toujours droit dans ses bottes Alain Juppé. Et contre toute attente c'est le petit trafiquant de la Sarthe qui supplanta le vieux routier Girondin. Ce jour-là, en désignant un justiciable pour briguer la présidence, la vieille droite française judéo-chrétienne, signa sa mort et l'avènement d'une droite ultra-libérale dont on a mesuré depuis, l'immensité de l'hypocrisie et de sa vacuité.
Tout portait à croire que les cadres moyens, les petits artisans, commerçants et paysans, les braves gens qui n'aiment pas que... historiquement attachés au vote gaulliste, ne réitéreraient pas la même bourde pour 2022. Surtout que cette fois, ce n'était plus la primaire ouverte, mais une prière de chapelle où seuls les adhérents choisissaient. Et vlan ! Dans le panneau. En désignant Ciotti, ils démontrent qu'ils n'ont rien retenu des effets catastrophiques de leur choix précédent.
Moi, si on m'avait mis le révolver sur la tempe, m'obligeant à en choisir un, j'aurais sans hésiter voté Juvin. D'abord parce qu'il jouait super bien de la trompette et que pour l'avoir écouté dans l'émission politique de France Culture, il tenait des propos gaulliens, voire humains, aussi bien sur la santé, que les migrants et l'économie. Il est juste un poil pas assez libertaire à mon goût ! Sans surprise, il a fait 3 % ce qui confirme que je n'adhèrerai pas tout de suite aux LR.
Non mais sans déconner les copains - si, si j'en ai plein des copains LR et je les supporte mieux que les Marcheurs -, si vous vouliez aller au second tour, pas de la primaire mais de la présidentielle, fallait choisir Bertrand. Il à l'air franc comme un âne qui recule, gai comme une chanson de Grand corps malade, mais comme faux-cul je le voyais bien tenir tête à Saint-Emmanuel-les-mains-jointes. Là vous êtes trop braves, vous lui filez Ciotti ou Pécresse en face. Je vais décidément finir par croire que vous le faites exprès et que vous tenez vraiment à nous en refiler pour 5 piges, de Jupiter à la houppe.
Je suis un lamentable pronostiqueur. Ce qui me décomplexe, c'est qu'avec ce parti de droite on se goure tous. Mais si j'en crois les désistements, c'est Valérie Pécresse qui va l'emporter. Alors là, avec celui que nous avons en place, elle forme un sacré duo de gens du peuple. Bonjour la diversité !
Valérie, Anne, Emilie ! Voilà une avalanche de prénoms qui embaume la fleur de lys plutôt que la pâquerette des champs. Née à Neuilly, n'est-ce-pas, comme Sarkozy. Études catholiques bon teint mais, plus que le noviciat chez les Clarisses, elle choisit... l'ENA. Ah bé té, ça change ! Ça va plaire aux gilets jaunes ça. Une femme de terrain, proche des préoccupations des pauvres gens et même peut-être des migrants...
Mais enfin, soyons juste, il y a un truc nouveau et sympathique dans tout ça, c'est que c'est une femme. J'aimerais autant Taubira, mais une femme à l’Élysée, peut-être que ça changerait un peu de cette lignée de mâles-tu-vus boursouflés et inconséquents. Non, ça j'aimerai quand même le voir, même si ce n'est pas une tourterelle de l'année. Vous noterez que je n'ai pas employé le vocable pintade qui me démangeait les phalanges, histoire de ne ne pas me faire bouffer les mollets par les chiennes de garde qui, depuis Louise Michel jusqu'à Michèle F, sont mes amies. Mais enfin faut reconnaître. Je ne sais pas bien encore ce qu'il y a sur le fond, mais sur la forme elle ne donne pas tout de suite l'impression d'avoir inventé la guillotine à saucisson.
Ciotti au moins n'est pas sorti de la "haute", même si Nice, comme endroit à naître, c'est quand même pas Nyala. Il a été formé à Science-Po puis déformé aux cabinets d'Estrosi et de Gaudin. Si lui aussi, il fait franchement niais, c'est pas vraiment sa faute. Et puis alors ces petites voix avec ce putain d'accent, je dois dire ça peut faire vingt pour cent au Lavandou, mais alors à Honfleur... Sans compter qu'ils sont bien gentils les LR, mais si c'est pour mettre Ciotti, autant qu'ils aillent direct avec Zemmour, puisqu'il est déjà en course ou même avec Marine, même s'il se révèle que socialement elle est plus à gauche et que sur les questions de société, des mœurs, de l'immigration elle n'est pas bien pire, voire désormais plus modérée.
Alors certes je ne suis pas docteur ès politiques, mais je vais établir cependant un diagnostic. Pour lequel je ne vois hélas aucun traitement. Les Républicains sont effectivement coupés en deux. Il y a d'un côté les mollassons qui ne pensent qu'au pognon, à la bagnole, la piscine et la station. Ceux-là, avec Philippe, Darmanin, Estrosi, Muselier... ils sont déjà en Marche pour la distribution de macarons. De l'autre, on trouve les casques lourds qui tapent dur sur les envahisseurs musulmans qui vont brûler nos églises et sodomiser l'enfant-Jésus. Eux ont entamé leur migration ou plutôt leur croisade dans le sillage du Rassemblement national et assimilés.
Je me trompe peut-être, mais j'ai bien l'impression que les Républicains n'existent déjà plus. Et comme ils en avaient largement usurpé le titre, ce n'est que justice.  

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