La finance ou la conversion écologique de notre économie : il faut choisir

La réponse des dirigeants européens à la crise ? L’austérité ! Le traité dit «Merkozy» autrement appelé (de son vrai nom) : le TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance) et son Mécanisme européen de stabilité (MES), s’ils sont adoptés, vont entraver l’indispensable transition écologiste de notre économie. Et brider pour longtemps la création d’emploi. Ce traité présente un seul avantage : il est de nature à rassurer – provisoirement – les marchés financiers et  à restaurer les finances publiques. Mais en hypothéquant sérieusement l’avenir.

Si la gauche l’emporte le 6 mai prochain, les écologistes souhaitent donc qu’il soit renégocié. L’urgence n’est pas d’inscrire la récession et l’austérité dans les textes mais d’entamer la transition écologiste de notre industrie, seule issue pour répondre au triple enjeu des années à venir : la création d’emplois, la diminution de nos émissions carbone et la raréfaction des ressources.

 

La conversion de notre industrie

L’Europe est le premier importateur mondial de ressources par habitant. Or, les matières premières du futur sont déjà sur notre territoire, mais nous ne les exploitons pas. Elles sont dans nos poubelles ! Les déchets constituent une manne pour le recyclage, le réemploi mais aussi pour la méthanisation. Les déchets putrescibles peuvent alimenter des réseaux de chaleur (production de biogaz). Outre la méthanisation, d’autres sources d’énergies sont présentes : le soleil, le vent, la géothermie. Elles constituent les gisements inépuisables de demain. A condition d’être en capacité de les exploiter. Pour cela, nous devons réorienter et transformer résolument notre industrie.

Le dérèglement climatique, le renchérissement des ressources énergétiques fossiles traditionnelles vont nous y contraindre dans les prochaines années. Il faut l’anticiper. Avec ce traité néo-libéral, nous ne le pourrons pas. Nous aurons les mains liées.

Investissements indispensables

Nous devrons dans le même temps relocaliser notre production. Une telle orientation demande des investissements colossaux destinés à mettre en œuvre la conversion de notre économie vers l’économie verte. Or la politique qui nous est proposée s’obstine sur deux fausses routes.

D’une part, l’austérité permanente avec la « règle d’or », qui ne permet pas les investissements nécessaires à la conversion de notre système productif industriel et d’autre part, le recours au nucléaire et à l’achat de ressources et matières premières importées, dans un contexte de pénurie. Notre pays – et une grande partie de l’Europe – risque ainsi de rater la révolution économique verte.

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