Edwy Plenel a les abeilles, gorgées de fiel...

Quand Edwy, s'empare du "parti-pris", il ne fait pas dans le détail et ne se soucie guère des plus démunis. Qu'importe après tout, pourvu que soit sauve, l'idée d'une gauche plurielle, même si elle est en incapacité de répondre aux urgences les plus fondamentales. "Les gens" attendront, avec Macron...

Ce brûlot anti-Mélenchon, d'Edwy Plenel ne laisse aucune ambiguité quant à sa seule vision admissible d'une gauche en France.

Mais contentons-nous des faits...

En politique, comme dans de nombreux domaines, il y a des temps pour chaque chose. Or, pour la séquences de ces élections présidentielles et législatives, la France Insoumise a offert un champ de discussion, de concertation et de rassemblement, ouvert à toutes les formations et personnalités politiques.

Ce temps a duré près de 50 semaines, durant lesquelles, s'est forgé au sein de la FI, un horizon commun avec toutes celles et ceux, qui y ont vu la possibilité de mener une campagne cohérente en contribuant à l'élaboration d'un programme et d'une ligne politique, en mesure de viser l'accession au pouvoir. 

D'autres personnalités ou formations diverses, n'ont pas cru bon ou nécessaire de participer à cette construction, respect et liberté leur étant dû, il n'y a rien à redire à cela.

Le problème, c'est que depuis deux mois maintenant, ces mêmes personnes et appareils politiques, constatant le désastre de leur choix initial, se voient soudainement confrontés aux réalités construites et mises en œuvre par la FI, pour mener son combat.

La France Insoumise avait pourtant été parfaitement claire dès le départ, sur les conditions faites à de possibles alliances. Personne, pas même M. Plenel, ne devrait donc être surpris, que ces conditions et engagements pris vis-à-vis d'un électorat, se voient respectées à la lettre par le mouvement qui a recueilli les suffrages de cet électorat.

Alors, tout un petit monde, qui, il y a encore peu de temps, se disait être la centralité de la gauche, se complait dans l'outrage, et ne cesse de couiner, invectiver, ostraciser, amalgamer, à l'endroit de la France Insoumise et de son porte-parole, plutôt que d'assumer ses erreurs de choix, stratégiques et ou idéologiques.

Pauvre madame Romagnan, pauvre madame De Hass, pauvre M. Plenel... Que de pauvres dans cette histoire...

Le temps béni de la gauche plurielle, si chère aux nostalgiques de la politique du vieux monde, qui s'est réduit en cendre à l'occasion du dernier scrutin, n'est plus. Certains l'ont anticipé quand d'autres, convaincus de leur suprématie, se sont persuadés que cela durerait toujours, oubliant que pour qu'il en soit ainsi, il fallait réunir un électorat conséquent...

Et c'est tout de même stupéfiant, de constater avec quel mépris et condescendance, ces prétendants à l'échec renouvelable, tombés de leur piédestal, se permettent de venir, menton levé et ergots saillants, donner des leçons de conduite et d'éthique à celles et ceux qui, au sein de la France Insoumise, se sont mobilisés contre vents et marées, dans ce combat de longue haleine, qui ne fait que commencer.

Il est d'ailleurs bon de rappeler, que la France Insoumise n'est en rien comptable, de la situation électorale calamiteuse, dans laquelle se trouvent aujourd'hui ces formations politiques. Et je ne crois pas me souvenir, que ces membres du PS, d'EELV ou du PCF, se soient sentis concernés par l'union de la gauche, durant ces cinq dernières années...

Alors, M. Plenel, vous et votre cohorte de bien-pensant, tenants de cette gauche bougeoisiste et opportuniste, souffrez qu'une formation populaire, combative et sans conteste tournée vers l'avenir, défendant un programme radicalement progressiste et écologique, se constitue sur une partie de échiquier politique, ruiné par ses trahisons et ses aspirations ultralibérales mortifères.

Enfin et pour illustrer à quel point, au delà des postures politiques, il y a aussi des prises de position idéologiques, qui rompent sans vergogne avec une possible alliance, entre cette gauche plurielle et la FI. Dernier exemple en date, celui donner par M. Jadot, invité de France Inter dimanche dernier, expliquant sans ambages, qu'il fallait, au nom de la transition énergétique, mettre un terme aux statuts des "électriciens - gaziers" du 22 juin 1946.

Denis Kessler, aura sans doute applaudi cette déclaration de l'ex candidat EELV, allié de Hamon. Rappelons, ce que ce M. Kessler éminence grise du Medef, déclarait au magazine Challenges en 2007 :

" Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… À y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! "


M. Jadot, ne dit pas autre chose, lorsqu'il prône la fin des statuts chez EDF. Voilà donc, ce que dans les faits, cette "gauche plurielle", est prête à concéder. Autrement dit : plutôt Kessler (ou Macron c'est pareil) que Marcel Paul... !


À l'heure des ordonnances Macron qui se profilent, il est plus que jamais souhaitable, qu'un fossé sanitaire, se creuse plus encore, entre les fossoyeurs du modèle social issu du CNR, et celles et ceux, qui au contraire, y décèlent tous les enjeux émancipateurs pour un Avenir en Commun.


Je crains, M. Plenel, que vous perdez votre temps, en tentant de nous faire croire qu'un jour, les guêpes produiront du miel...

 

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