NICARAGUA, ohé la gauche de la gauche...

Je me trompe ou la dite "gauche de la gauche" a quasi unanimement piscine à l'heure où se développe une nouvelle révolution au Nicaragua ?

Comme si d'avoir soutenu la révolution sandiniste la faisait se taire maintenant que celle-ci a été irrémédiablement trahie, accaparée, libéralisée par un groupe dirigeant violent, vorace et autoritaire... Comme si cette dégénérescence invalidait nos engagements passés ! Ou comme si c'était donner des armes à l'ennemi (qui n'en manque franchement pas en cette époque sinistre) que de dire haut et fort la vérité sur cette dégénérescence, cette trahison, ce naufrage organisé par un groupe criminel, le dire en défense d'un peuple soulevé ?

Misère du crétinisme campiste ou d'un cynisme pseudo révolutionnaire ?

On tue en ce moment au Nicaragua, on réprime, on a volé la révolution sandiniste, on a pillé, exclu, appauvri, on s'est servi soi d'abord, on s'est allié aux secteurs les plus réacs du pays, à l'impérialisme ératsunien... etc. Et cela fait quelques décennies.

Nombreux ont été ceux qui on fait cette révolution parmi ses meilleurs animatrices et animateurs qui la mort dans l'âme et quelque fois aux reins, se sont éloignés, voici d'ailleurs un "pronunciamiento" qu'ils envoient :  

https://share.mayfirst.org/s/8bpgXzdZCzCSqC7/download 

que je vous invite à lire et à faire connaître.

C'est une immense révolte démocratique qui est en cours dans ce petit pays des plus pauvres de la planète. Révolte contre la clique, c'est le seul mot approprié, des Ortega ancien leader d'une révolution qu'ils ont tuée.

Une révolte contre leur politique ultra libérale, contre leur accaparement des richesses et des pouvoirs, contre leur violence répressive qui a déjà fait près de 200 morts dans le pays.

Une révolte est née contre eux, une révolte qui se voudrait une nouvelle révolution et qu'il faut accompagner, faire connaître, soutenir, sans chipoter une fois encore sur sa "nature".

Elle fait partie dans ce siècle où le mouvement ouvrier du XX° est mort des trahisons de ses principaux courants organisés, des compromissions de ses dirigeants, et de ses erreurs, la révolution nicaraguayenne en cours fait partie de ces mouvements par lesquels les peuples, les opprimé/es, les salarié/es tentent de reprendre non seulement leur sort en main mais pied dans l'Histoire, à leur façon, avec leurs moyens, selon les circonstances et les forces en présences.

Ce qu'ils veulent ? N'y être plus les damné/es de la terre, les floué/es, les sans rien, les volé/es, les empoisonné/es, les matraqué/es, les tiré/es à vue, mais des acteurs personnels et collectifs.

Alors ni piscine ni chipotage, allez voir où vous pouvez et soutenez les nicaraguayens !

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