Totalitarisme mélenchonnien ?

On peut penser ce qu’on veut de Quotidien et ce qu’on veut de Mélenchon, Mélenchon peut penser ce qu’il veut de Quotidien, Quotidien peut penser ce qu’il veut de Mélenchon.

Je suis un assidu de Quotidien et j'ai voté Mélenchon à la présidentielle.

Moi je pense que Mélenchon a été lamentable lors de cette perquisition, qu’il a été grotesque et a fait honte à bien des gens qui ont voté pour lui dont moi si je n’avais voté pour lui comme les trois singes de la sagesse...

Mélenchon ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, demander à la presse de filmer le jour de la perquise et hurler ensuite contre les images prises.

Garrido ne devrait pas truquer la charte mondiale des journalistes dans une basse manœuvre politicienne, et devrait plutôt s’interroger sur ce qu’elle fait chez Bolloré etc…

Mais la vraie question inquiétante dans tout cela est l’interdiction prononcée par Mélenchon : il n’accréditera plus les journalistes de Quotidien.

Cela signifie de la part d’un dirigeant politique qui dénonce l’oligarchie de se conduire exactement comme elle dans sa petite aire de pouvoir et de propriété.

Cela éclaire aussi et SURTOUT d’un jour inquiétant la conception de la presse et de l’information quand là où il a un petit pouvoir le dirigeant politique décide de qui pourra écoiter ce qu'il dit, rendre compte de ce qu’il dit, en juger et le traduire à ses lecteurs. On ne s’en étonnera pas de la part du RN ou de la Manif pour tous… mais les prétendus insoumis ? Quel désastreux compagnonnage !

Cela s’appelle une vision totalitaire de la liberté de la presse, la presse est libre d’aimer Mélenchon, d’applaudir Mélenchon, de trouver prophétiques ses palinodies grotesques, bref de le trouver formidable, on dirait du Trump dans le texte.

Et son entourage le soutient, jusqu'à Autain qui le "comprend".

Alors que serait l’attitude de cette coterie politique si demain elle parvenait au pouvoir ? Comment utiliserait-elle les moyens de l’état, les financements publics, la police, la justice envers ceux à qui elle ne plairait pas ? Et qui ne lui plairaient pas ? Quel degré d’insoumission à son pouvoir un gouvernement d’insoumis tolèrerait-il de la presse ? Et des autres institutions dans la foulée…

Je tremble pour la télévision et la radio publique entre autres.

L'esprit de secte pourrit aujourd'hui la gauche de la gauche.

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