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Billet de blog 20 avr. 2009

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La tragédie du Rocher - Le dramatique voyage de Mika Kusama en Calédonie. Par Maryvonne Carpentier

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L’étonnant périple d’une jeune fille curieuse qui au gré de sa fantaisie et de ses rencontres découvre un pays d’où elle ne reviendra pas.Les parents de Mika, à qui elle avait promis d’offrir pour le départ à la retraite de son père, ce qui était pour elle le plus beau des cadeaux : un voyage, diront que le voyage était son passe-temps préféré. Sa part de rêve, dirions nous dans un pays où la vie est chère, les logements inabordables pour les petits salaires. Elle était « très, très curieuse » explique sa mère pour qui sa fille « était un trésor » . Active, elle bougeait sans arrêt. A 28 ans elle démissionne de sa société pour faire un stage de 8 mois en France en 2001, séjour qui lui aura donner le goût des sorties, des restaurants, « découvrir et rencontrer des gens était le but de ses voyages » qu’elle aimait faire seule. Courageuse, à son retour au Japon elle retrouve un travail de jour auquel elle ajoute un second travail le soir comme hôtesse d’accueil dans le bar Casablanca au 4éme étage d’un immeuble à Tokyo. La police japonaise interrogera deux clients d’une soixantaine d’années, du bar où elle travaillait quatre soirs par semaine pour se payer ses futurs voyages et aider ses parents. « Elle tenait bien le bar, beaucoup de clients venaient pour elle », nous explique -t’on. Le bar Casablanca fermera en Juillet 2002. Gaie, ouverte , « elle fumait des Mild Seven et aimait la bière et le vin français ». Elle « savait comment se comporter avec les hommes » selon son père, alors que sa mère dit « j’ai pas aimé qu’elle fasse ça, elle a déjà un travail » .Sur l’insistance de sa mère qui souhaitait la voir « trouver sérieusement quelqu’un » elle avait accepté de s’inscrire avant son départ en Calédonie, dans un organisme spécialisé et avait rencontré trois fois avant son départ le « boy-friend » à qui elle téléphonera depuis la Calédonie.Lorsqu’elle choisit de prendre un vol sec pour profiter de l’offre promotionnelle de billet,au départ de Tokyo, à l’occasion du grand « tunnel touristique » du 1er Mai 2002, vers la destination dont elle rêve, Mika Kusama se fie à son expérience des voyages non organisés et se bâtit, sans tour opérator le programme de sa semaine de vacances. Après une visite de Nouméa le lundi 29 Avril dont témoignent les photos prises ce jour là, place des cocotiers et sur l’Anse Vata elle retient un vol avec séjour d’une nuit sur Ouvéa et un vol avec deux nuits sur l’Ile des Pins « Un beau paysage, l’île où elle voulait venir peut-être » s’interroge sa mère . Les tarifs sur Air Calédonie avec 2 vols vers les îles sont avantageux quand on a un billet international . Les gîtes sont moins chers que les grands hôtels. Le mardi 30 elle est à Ouvéa au gîte Beautemps-Beaupré. Elle visite la partie Nord de l’île en profitant du day-tour, le guide interprète à Ouvéa lui proposera de la conduire en minibus avec son groupe le matin au « trou bleu ». Photos à l’appui d’une jeune fille souriante, décontractée, posant avec le guide, assise sur un tronc de cocotier coupé. L’après midi, elle circule seule sur Ouvéa et reviendra en voiture au gîte : elle a réussi à « faire du pouce » avec un « homme blanc » selon l’employé à l’accueil. Si c’est habituel pour les europèens de « se faire embarquer en stop », c’est très rare chez les japonais. Le lendemain mercredi 1er Mai, elle rentre sur Nouméa, elle a rencontré l’après-midi vers 15h dans le vol du retour un compatriote qui lui conseillera de prendre une chambre à l’Hôtel Le Paris où il loge lui-même et dont le tarif est moins cher que celui où elle a passée la première nuit sur Nouméa. Elle ira dîner avec lui dans un restaurant, ils sont de retour à l’hôtel vers 22H, interrogé bien après par la police il expliquera la venue de Mika dans sa chambre par un problème de fonctionnement de sa douche. Le jeudi 2 au matin elle part pour l’Ile des Pins,l’interpréte du day-tour la revoit à l’aéroport de Magenta, attendant son avion. On la suivra sur Kuto en écoutant le témoignage de l’employée du gîte Kuberka depuis son arrivée le matin jusqu’au milieu de l’après midi.Puis plus rien, le néant. Conduits sur les lieux de découverte du corps de leur fille, les parents de Mika n’envisageront pas une minute qu’elle ait pu monter seule sur ce rocher « lugubre » : elle avait peur des lieux sombres et des araignées, à preuve son refus de se promener dans les forêts de la montagne natale de sa mère au Japon.Sept ans après le drame, sa disparition reste un mystère, chacun de nous est confronté à ses propres hypothèses et au Doute . Maryvonne Carpentier

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