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Billet de blog 20 avr. 2009

La tragédie du rocher -le procès en appel : notes d'audience

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« On apprend de ses expériences, vous avez dû depuis gagner en rigueur »

C’est le vœu que le Président de la Cour d’assises a formulé à l’issue de l’audition de l’adjudant chargé de la première enquête.

Ce voeu en forme de bilan illustre bien ce que cette 5éme journée de procés, consacrée à l’étude des recherches menées à partir du 3 Mai, nous aura appris des manques flagrants de l’enquête et des certitudes des enquêteurs .

Manques flagrants :

Manque de bouclage de la zone de découverte du corps, désigné par le terme : « gel de la zone » . C’est à véritable défilé de mystique, de curieux, de pseudo-enquêteur se prenant pour l’inspecteur Bonaparte des romans d’Arthur Upfield, de femmes émues et respectueuses qu’on a assisté en écoutant les témoins .

Avant la découverte du corps c’est Pierre Chanel Kouathé (décédé depuis) qui monte sur le Rocher le dimanche AM vers 17h avant d’aller donner à manger à ses cochons Baie de la Corbeille, après avoir appris au Journal Télévisé de samedi la disparition d’une jeune touriste japonaise. Sa fréquentation des esprits, au contact d’un « monsieur d’une religion » le pousse à aller chercher la japonaise là. Il ne voit rien mais prend peur en entendant des voix .

Le lundi, jour de la funeste découverte c’est le chef d’une équipe de kuniés qui monte et alerté par le bruit des mouches trouve le cadavre partiellement brûlé vers 12h. Lorsque le brigadier arrivera à 13h il devra faire évacuer le rocher de ses visiteurs.

Le mardi après-midi c’est Gaston Kouathé à son tour qui monte faire son enquête, accompagné de femmes qui se recueilleront sur les lieux . Il découvre des « pierres » ensanglantées ( blocs de corail) qui seront 3 jours plus tard répertoriées comme armes du crime. Il nous apprend qu’il s’est livré à des expériences en jetant des pierres sur les pandanus pour tester les griffures et analyser les impacts sur les troncs : sur une scène de crime on croit rêver !

Il ira jusqu’à s’allonger à l’endroit où elle a été trouvée , pendant que les femmes posent des fleurs et accrochent des manous aux branches …

Nous ne parlerons pas des nombreuses visites qui ont continué jusqu’au vendredi où le TIC revient enfin faire un « ratissage méticuleux » et découvrir les « armes du crime ».

Manque d’investigation sur l’anniversaire arrosé de la nuit du 2 Mai. On apprend à l’audience des détails cachés sur une beuverie à laquelle se sont livrés des kuniés , avec de la bière achetée au « marché noir » de 21 h le soir à 3h du matin dans une habitation prés de la brigade sur la baie de Kanuméra . Avant qu’ils ne remontent à Vao en voiture (!).

Manque d’approfondissement des recherches menées sur le rocher le dimanche quand est recherchée une jeune fille disparue, peut-être blessée et que les gendarmes ne fouillent pas entièrement car le terrain est glissant et l’hélicoptère arrive, ils partent « rejoindre les collègues » pour le survol de l’île.

Manque de rigueur dans la saisie et la conservation des effets personnels de Mika placés sous scellés dans les locaux de la Brigade. Les scellés judiciaires sont signés dans les règles, un seul problème mais majeur : ils ne sont pas fermés. « Des scellés ouverts : c’est plus pratique pour rechercher des affaires dedans, un agenda, des photos, les locaux de la brigade sont exigus, il y a beaucoup de monde qui passe » ces explications sont à nos yeux des raisons de plus de ne pas laisser des scellés ouverts !

Les enquêteurs interrogés ce jour n’auront pas réussi à nous faire partager leurs certitudes.

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