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Billet de blog 23 avr. 2009

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La tragédie du rocher - Mercredi 21 Avril. - Au septième jour du procés, le schéma criminel de l’Accusation mis en doute.

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Par Maryvonne Carpentier.

Mis en doute du lieu du crime. Mardi, nous avons entendu un TIC, technicien investigation criminelle, à l’époque seul spécialiste pour toute la Calédonie, Wallis et Futuna, nous expliquer qu’il n’arrêtait pas de se déplacer d’un endroit à un autre, qu’il faisait ce qu’il pouvait mais manquait de temps et de moyens. Quand il est arrivé à l’Ile des Pins le lundi après-midi, il faisait presque nuit, on lui a dit avant qu’il ne monte sur les lieux de découverte du corps : « cette jeune fille a été assassinée sur le rocher par des individus qui connaissent parfaitement le rocher ». Il a fait des prélèvements sur la plateforme et aux abords de l’endroit où a été trouvé le corps, pris des mesures et des photos. Le lendemain mardi matin, il passera trois heures, non sur les lieux de découverte du corps, mais à extraire et analyser des effets personnels de Mika Kusama découverts par hasard dans un trou sur le sentier du milieu. Analyse, qui retiendra son attention pendant 3 heures et fournira à son chef enquêteur « assez d’éléments pour procéder à l’interpellation des Konhu». Ce n’est que le vendredi qu’il reviendra, pour découvrir « les armes du crime » surmontées de bouquets de fleurs : blocs de corail avec des tâches de sang… .Il déclarera néanmoins à la barre qu’il a la certitude que le meurtre a eu lieu sur le rocher. Rejoignant ainsi ses collègues acteurs de la première enquête dont les manques sont pointés depuis des années et qui en sont réduits à se défendre dans le procés de l’enquête qui est fait depuis plusieurs jours à l’intérieur du Procès d’Assises.
Cet édifice de certitudes a été confronté à l’audition en vidéoconférence du médecin légiste qui a procédé à l’autopsie de la victime à la morgue de Nouméa le 7 Mai 2002. Il n’avait pu être entendu pour des raisons de santé en 2007. Aujourd’hui il a répondu aux questions qui lui ont été posées. Ses réponses sont d’une importance capitale. Nous vous épargnerons les détails atroces des plaies et brûlures. Il ressort que les blessures à la tête et au torse ne peuvent qu’engendrer des « phénomènes hémorragiques importants » qui se traduisent par des flaques de sang. Si elle a été tuée sur place il ne peut pas ne pas y avoir de flaques de sang sur le sol en dessous de la tête. C’est donc pour lui tout à fait envisageable qu’elle ait été tuée ailleurs et transportée après, « un corps ne saigne pas après le décès », mais « si le corps transporté présente des traces de sang, lui peut en laisser là où on le dépose ». Quant au feu, il n’a touché que certaines parties du corps et épargné les autres, pour le médecin légiste, il n’était pas suffisant pour faire disparaître le corps, son intensité ne touchant que la partie supérieure du corps.
Mises en doute du jour et de l’heure du crime. L’autopsie pratiquée dans l’après-midi du mardi 7 mai fait remonter le décès au minimum à 3 jours, voire 4. Cela ne nous mène pas au jeudi 2 vers 17h . d’autant que la « fumée » aurait dû être senti depuis les nombreuses habitations de Kanuméra.
Mise en doute du « mobile du crime » prêté à Antoine. Le témoignage de la femme à qui il aurait demandé en prenant un café chez elle, en revenant des champs, de « lui trouver une femme » nous apprend que « il a dit ça en plaisantant ». Chercher une femme pour un homme, en milieu mélanésien c’est chercher une compagne qui pourra faire ce qu’il ne sait pas faire, voire même trouver une épouse par un mariage arrangé coutumièrement. Mais ce sont les femmes de la famille du garçon qui se chargent de trouver une femme pour le fils de la famille, pas les anciennes compagnes, en cela réside la plaisanterie.
Mise en doute de la dangerosité relative des frères en 2002, sur l’échelle si affligeante de l’île. Parmi les moments éclairants les plus douloureux de la journée, nous retiendrons celui où une femme d’une quarantaine d’années, employée d’un gîte aujourd’hui devenu un Lodge, raconte le viol qu’elle a subi en 1988 de son employeur, et qu’elle porte seule comme une douleur souterraine depuis. Elle dira que des « obsédés, malades sous cachets » : il y en a quelques-uns à l’Ile des Pins et qu’ils sont toujours là à part un décès par pendaison et un autre dans un accident de voiture avec un taux d’alcoolémie de 2g. L’île la plus proche du paradis n’est pas un paradis pour toutes les femmes de l’île des Pins !
On serait tenté de dire : que fait la police ? que fait la chefferie ?
Après cette audition, il faut repartir sur d’autres hypothèses de déroulements des faits. Cela ne relève pas d’une Cour d’Assises mais d’une Instruction !
Cela ne relève pas d’une Cour d’Assises mais d’une Instruction !

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