Tour d’horizon de la création d’entreprise en France

La création d’entreprise participe activement au développement économique national et départemental, que ce soit en termes de chiffres d’affaires réalisés, de résultats nets ou encore d’emplois créés. C’est le poumon de l’économie de notre pays et malgré que nous sommes dans un contexte de crise, le nombre d’entreprises créées ne cesse d’augmenter.

Nouvelle ère pour l’entrepreneuriat

Au préalable, il est important de comprendre la situation actuelle de la création d’entreprise en France, l’évolution de la natalité des entreprises et l’intérêt des Français qui sont de plus en plus nombreux à vouloir entreprendre.

De nos jours, le climat économique en France n’a rien d’euphorique, le chômage concerne plus de 9% de la population active et ne devrait pas connaître de diminution en 2019. C’est paradoxal mais dans ce contexte de crise, la création d’entreprise séduit de plus en plus de Français. Créer son entreprise est devenu la meilleure solution pour les chômeurs, les jeunes et les seniors qui n’arrivent pas à se faire une place sur le marché du travail. En effet, d’après l’agence pour la création d’entreprise, un entrepreneur sur deux était dans une situation professionnelle délicate avant de créer son entreprise.

Taux de natalité et de pérennité  des entreprises

La création d’entreprise en France a atteint de nouveaux records ces dernières années, notamment grâce au régime auto-entrepreneur mis en place en janvier 2009. Ainsi, entre 2002 et 2010 le nombre de création d’entreprises à quasiment triplé, le record appartient à l’année 2010 qui compte 622 039 créations d’entreprises. L’année 2011 quant à elle connaît une légère baisse (-13%) mais au premier semestre 2012 la création d’entreprise est repartie de plus belle avec 292 206 créations. Les années suivantes, le taux de création d'entreprise est stable.

 

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Sources INSEE

D’après l'INSEE, chaque année plus de 600 000 entrepreneurs potentiels se présentent auprès des Chambres des Métiers et des Chambres de Commerce afin d’obtenir des informations sur la création d’entreprise et avec la forte intention d’en créer une. Mais selon les CCI, seulement 200 000 d’entre eux démarrent leur entreprise. Parmi ces entrepreneurs accompagnés par ces chambres de commerce, 100 000 entreprises environ survivent après cinq années d’existence, un taux d’échec impressionnant, équivalent à 50%. En effet, les chiffres exacts d’après l’INSEE des entreprises qui arrivent à passer le cap des cinq années d’existence en France est de 52%.

Dans ces statistiques, on découvre que la cause d’échec principale est pour 45% des cas dû à des carences commerciales, pour 26% des cas des connaissances en gestion trop faibles.


Causes echec entreprise Causes echec entreprise
Ce graphique nous montre que l'abscence de formation et d'accompagnement du créateur peut être fatale à son entreprise dès les premières années car ses décisions commerciales et financieres ne seront pas en adéquation avec la réalité économique.

Le taux de pérénité des entreprises qui arrivent à franchir le cap des 5 ans en étant accompagnées / parrainées est de 70% ce qui démontre que l'accompagnement est nécessaire  afin de péréniser les entreprises.

Mais il est important de relativiser, car les statistiques de décès des entreprises englobent tout de même un bon nom d’entreprises qui ne meurent pas, mais qui se transforment. Il existe

plusieurs possibilités à cela : le changement de raison sociale, le rachat et la délocalisation, de plus, ces chiffres n’ont pas évolué depuis quinze ans.

 

 

 

Portrait-robot des entrepreneurs

D’après l’Insee, on compte en France environ 2,3 millions de travailleurs non-salariés, on peut les classer en 4 grands groupes d’environ 600 000 personnes : les patrons de la construction, de l’industrie et des transports, ceux du commerce et des services de proximité, les exploitants agricoles et les professions libérales et professions assimilées.

Ils ont généralement débuté dans la vie comme salariés, sauf les agriculteurs qui pour la plupart reprennent tôt l’exploitation familiale et les indépendants qui travaillent dans le domaine de la médecine qui s’installent pour le plus souvent directement en cabinet après leurs études. Pour les autres, la moyenne d’âge est de 32 ans soit environ une dizaine d’années après une activité de salariée.

Ces dernières années deux tendances se dégagent, nous retrouvons de plus en plus d’anciens chômeurs et de femmes parmi les créateurs d’entreprise. En effet, chaque année, environ un tiers des créateurs d’entreprises sont d’anciens chômeurs. Aujourd’hui, 30% des femmes sont des créateurs d’entreprise, en 15 ans le nombre a doublé.  Cette tendance devrait se confirmer dans les années à venir car selon les sondages de l’ Express 2 femmes sur 3 estiment qu’elles seraient plus épanouies dans l’entrepreneuriat que le salariat.

Niveau d’études des femmes et des hommes entrepreneurs :

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Les principales motivations des entrepreneurs sur le plan personnel sont les notions d’autonomie et de contrôle de son propre épanouissement. L’argent, la prise de risque et la réussite ne font pas partie des principales préoccupations qui leur ont donné l’envie d’entreprendre.

Les principaux freins à la création d’entreprise sont tout d’abord liés à la satisfaction de la personne à l’égard de sa situation professionnelle actuelle et  la peur du risque financier. Une étude réalisée par le baromètre entreprendre démontre que les hommes sont plus frileux au changement professionnel que les femmes.

 Les facteurs clés de succès 


Tout d’abord, le créateur est en lui-même le facteur clé de succès de son entreprise, c’est la pièce maîtresse de cette grande aventure. Même si il n’existe pas de profil type pour un entrepreneur, des qualités communes ressortent comme la détermination, l’organisation, la ténacité, le bon sens, la créativité et l’ouverture d’esprit. Le chef d’entreprise doit être un véritable chef d’orchestre en mesure de collaborer avec les différents services de son entreprise et l’environnement extérieur, c’est aussi un meneur d’homme qui doit mener son équipe vers un but commun. En définitive, pour réussir le facteur principal est bien entendu que le créateur soit en adéquation avec son projet.

Après le créateur, le deuxième facteur clé de succès est bien entendu l’idée car elle est à l’origine de la création d’entreprise. Cependant, toutes les idées ne font pas l’objet d’une création d’entreprise. Il faut avoir la bonne idée, au bon moment. L’idée peut vous parvenir durant des discutions ou des voyages mais aussi par le biais d’organisme spécialisés dans la recherche d’idées de création d’entreprise ou durant la visite de la salons et foires spécialisés dans l’innovation et les inventions de nouveaux produits.

Mais le principal facteur clé de succès est la dernière étape, la mise en œuvre du projet et l’harmonie entre le créateur celui-ci. En effet, si l’idée est trouvée mais qu’il n’existe pas de marché et peu d’intérêt pour les clients potentiels le projet ne pourra pas être validé. Ensuite, il faut vérifier l’adéquation homme/projet à savoir si le créateur a toutes les compétences pour mener à bien son projet de création d’entreprise.

Pour conclure, créer, c’est prendre des risques et il existe un élément sur lequel personne ne peut agir, il s’agit de l’économie nationale et bien sûr, la chance. Beaucoup de créateurs n’ont pas réussi du premier coup et ont dû surmonter plusieurs échecs.


Les raisons des échecs

Les échecs ce n’est pas ce qu’il manque dans le milieu de l’entrepreneuriat, je vais alors énoncer les différentes raisons qui poussent l’entrepreneur à l’échec. Pour commencer à la base du projet, le créateur peut être la cause de son échec, s’il s’est lancé trop vite sans bien étudier le marché ou s’il manque clairement de compétence pour mener son entreprise. Le manque de compétence dans le domaine commercial et financier peut être fatal dans les décisions stratégiques de l’entrepreneur. L’entourage joue aussi un rôle clé lors de la création d’entreprise afin de compléter les compétences du créateur il se doit de s’entourer de partenaires professionnels compétent et de bons conseils, tout comme son entourage personnel qui a pour devoir de l’épauler dans les moments difficiles.

L’idée peut aussi mener à l’échec s’il n’est pas en adéquation avec le marché actuel. Il n’est pas rare de retrouver des inventeurs avec des idées géniales échouer lors de la création d’entreprise car leurs idées peuvent parfois être trop novatrices pour le marché et ne pas trouver d’écho auprès du public. Tout comme, le contexte économique, un projet se doit d’être lancé au bon moment, les créateurs qui ne tiennent pas compte de l’environnement économique peuvent aussi échouer si celui-ci n’est pas en adéquation avec leur projet.


Le manque de trésorerie est l’une des causes d’échecs la plus importante. Généralement, les débuts ne sont rarement comme l’annonce le business plan et cela peut engendrer des trous de trésorerie importants. Si l’entrepreneur ne contrôle pas son plan de trésorerie et qu’il dépense mal ses fonds propres sans autofinancer sa croissance, il peut être mené à sa perte. Ces dérives sont directement liées à l’entrepreneur, qui peut abandonner trop vite et oublier ses priorités. Une fois les ressources financières mal consommées cela provoque un manque de trésorerie et sans un partenaire financier clé, les jeunes entreprises ne se relèvent que très rarement.

Les désaccords entre associés peuvent entraîner la mort de l’entreprise, en effet la pression et le stress supportés par ceux-là durant la gestion d’une entreprise, peuvent causer de nombreux désagréments. Les désaccords peuvent se terminer par un manque de communication entre associés et des décisions prises sans réflexion commune, la stratégie de base n’est alors plus respectée et la pérennité de l’entreprise ne sera plus assurée. Puis, quand les résultats ne sont pas bons, satisfaire tous les membres de l’entreprise est généralement compromis, de ce fait, les intérêts de certains membres diffèrent de ceux de l’entreprise.

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