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Billet de blog 29 juin 2021

États-Unis : l’Oregon légalise le compost humain

Les alternatives écolos gagnent du terrain partout dans le monde et ce n’est pas qu’une affaire de vivants. En effet, aux États-Unis, l’Oregon est le troisième État à légaliser le compost humain. Après Washington et le Colorado, c’est la gouverneure de l’Oregon, Katie Brown, qui a signé cette nouvelle loi le mardi 15 juin.

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La « décomposition naturelle et biologique » sera donc une alternative post-mortem autorisée à partir de juillet 2021.

Une méthode plus respectueuse de l’environnement

La députée Pam Marsh a déclaré à Vice que, bien qu’il soit compliqué d’aborder ce thème et que le compost humain ne risquait pas de plaire à tout le monde, c’était une décision inévitable. Elle souligne que l’acceptation de cette nouvelle loi traduit tout l’intérêt que portent les habitants de l’Oregon aux alternatives durables : « C’est intéressant pour tous ceux d’entre nous qui cherchent de vrais moyens de repenser notre empreinte écologique, même après que nous ne soyons plus en vie. »

Le principal avantage de cette méthode de funérailles atypique est qu’elle est bien plus respectueuse de l’environnement que les autres plus classiques. D’abord, les cimetières où la plaque funéraire règne en gardienne de la mémoire occupent souvent de grandes surfaces de terrain. Aussi, les cadavres qui y sont inhumés sont au préalable embaumés au formaldéhyde, toxine qui est susceptible de contaminer les sols ainsi que les cours d’eau environnants. La crémation n’est pas en reste, car en plus d’utiliser une quantité considérable d’énergie au moment de l’incinération, elle produit du dioxyde de carbone et autres polluants nocifs, contribuant au réchauffement climatique.

La décomposition naturelle et biologique, elle, a une empreinte écologique plus faible que celles des autres enterrements.

Concrètement, comment ça fonctionne ?

L’établissement funéraire Recompose situé dans la ville de Seattle, spécialisé dans le compost humain et précurseur dans ce domaine, procède de la manière suivante : le corps de la personne ayant choisi la décomposition biologique est d’abord placé à l’intérieur d’un linceul biodégradable, une fois que ses bijoux et ses vêtements lui ont étés retirés. Il est ensuite enfermé dans un réceptacle cylindrique, sur une sorte de lit végétal fait de feuilles, de terre, de copeaux de bois et de paille.

La température est contrôlée pour accélérer le processus de décomposition naturelle et le tout est régulièrement retourné et remué à l’aide d’un crochet. Les éventuels objets qui ne sont pas dégradables, comme les prothèses par exemple, sont récupérés au fur et à mesure. Le corps et son lit végétal se transforment, au bout de plusieurs semaines, en une terre riche en nutriments d’environ 1m3.

Du terreau pour la famille

Le processus terminé, le terreau est remis à la famille du défunt pour qu’elle puisse décider de sa finalité. Certains utilisent la terre pour jardiner avec, d’autres optent pour la plantation d’arbres en mémoire de leur proche disparu et associent ce geste de mémoire à un nouvel acte écologique, en le plantant dans une zone touchée par la déforestation ou les incendies de forêt.

À l’heure où les places en cimetières se font de plus en plus rares, les États-Unis cherchent des solutions pour élargir les possibilités d’offre aux défunts et à leurs familles. À l’image d’un projet de loi déposé en 2019 qui proposait d’ajouter l’aquamation funéraire (pratique légalisée dans seize États du pays et qui consiste à dissoudre le corps dans un bain de produit chimique). La « humusation », pour être plus propre, plus verte et n’engageant aucun produit chimique, connaît un succès grandissant.

En plus d’être une alternative écologique aux crémations et inhumations, elle permet d’aborder la mort d’une manière plus sereine et d’être mieux acceptée par la famille. Jodie Buller, membre de la Conservation Burial Alliance explique que les personnes se faisant à l’idée de mourir d’une manière plus durable l’acceptent plus facilement : « Ça semble être une option très paisible. L’idée que la terre que l’on devient puisse ensuite être utilisée pour nourrir des plantes fait vraiment du bien aux gens. Ça permet de briser une partie du tabou autour de la mort. Je pense que c’est un signe de mouvements plus larges, qui s’éloignent de la peur et se tournent vers la curiosité, pour donner plus de signification personnelle à la mort. »

En France, le retour à la terre est souhaité par de nombreux habitants, mais notre pays semble encore trop attaché à ses modes d’enterrement traditionnels pour légaliser cette technique.

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