Les chroniques jaunes (partie 8) : Les champs de Pelennor ou la fin des gilets jaunes

« Au moins…nous pourrions en faire une fin telle, qu’elle sera digne d’être chantée ! » J.R.R Tolkien, Les deux tours.

L’estomac noué comme à la veille du combat. A moins de subir d’une injurieuse fortune les revers et les coups, de périr dans la bataille, ce ne sera pas la dernière pour moi. Ce sera la dernière pour nous.

Nous n’avons pas perdu notre âme mais trop d’âmes. D’estoc et de taille ils nous frappent, de ces coups qui cassent les mâchoires et crèvent les yeux, de ces mots qui brisent les esprits en deux : nous étions le peuple en marche, la République s’essuie les godasses sur nos crânes.

Vous nous aimiez, nous vous aimons. Nous prétendons nous battre pour nous lorsque c’est vous que nous servons. Ils prétendent vous servir…la suite vous la savez, pourquoi vous faire un sermon ?

Nous avons lancé l’appel, demain la bataille aura lieu sur les champs avec pour seul objet la conquête de vos cœurs défendants. Après, nous déposerons les armes que nous n’avons pas, nous libérerons vos rues, vos ronds points, nous laisserons les gendarmes de leurs femmes retrouver les bras, nous laisserons les autres vous voler et voter nos lois mais, ensemble nous le jurons, nous ne perdrons jamais la foi.

Je ne m’en rends compte que maintenant mais après dix-huit semaines de cris, de marche, de sourires, de combats, après trois décennies de vie parmi vous, je dis « nous » pour la première fois.

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