Jour 10 : Booba x Bruno Lemaire

Il y’a quelques semaines, Bruno Lemaire chantait : on va faire que quelques millions cette année, on a le moral a zéro. Edouard Philippe, escroc-mafieux comme Charles Pasqua, nous disait qu’on allait subir le choc économique comme le gauche-droite-gauche d’un boxeur cubain. Alors qu’on commençait à se dire qu’on n’en serait pas là si Buzyn ne s’était pas vue rétorquer un cinglant ferme ta gueule et va me faire un steak-frites par le Duc, celui-ci est apparu, des flocons de coke sur le duffle-coat, pour nous annonçer du, du, du biff pour les hôpitaux. Il a peut-être peur des procès et des accusations qui vont suivre la crise, mais permettez moi d’en douter : entouré de flics armés jusqu’aux sourcils, il prend Maître Lebras, s’en tire avec du sursis. Plutôt, il était simplement dans le turfu, parce que le lendemain le G20 annonçait 5000 milliards, tout l’or des conquistadors, pour soutenir l’économie. Même Trump promet le versement de salaires complets, salade-tomates-oignons, aux américains en difficulté qui découvrent, béats, le socialisme. Tout ces ultra-libéraux qui scandaient fuck les APL, les transports en commun sont devenus bien généreux, à croire que bientôt pour s’endormir on comptera les diamants sur nos Breitling.

Sauf qu’on sait bien que lorsque tout cela sera fini, lorsque le virus aura creusé son sillon, les riches resteront seuls avec leurs millions et que c’est nous qui allons rembourser. Pourtant ils font de l’argent salement, les sommes sont colossales et il faudra que chez nous, la rage soit coloniale. Sinon on chantera, avec Bruno Lemaire : tous les jours je taffe dur, tous les jours je galère, tous les jours je me demande combien y’a de zéros sur leur salaire…

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