Pourquoi il faut interdire la promenade au supermarché

Oui, il faut interdire la promenade au supermarché. Voici pourquoi...

Comme beaucoup de gens, je n’ai jamais fait des achats de supermarché en ligne, c’est en quelque sorte étranger à mon univers numérique. Peut-être est-ce que je n’ai pas de voiture, et cuisine parisienne oblige, je n’ai pas de la place pour un congélateur : j’ai donc l’habitude d’acheter souvent et frais, dans un supermarché de proximité.

Depuis une dizaine de jours, je m’impose un confinement que le gouvernement a validé il y a 8 jours en l’imposant à nous tous.

Or, tous les 4 ou 5 jours je sors de mon hibernation pour acheter des produits courants dits de première nécessité. Cela n’exclut ni le chocolat ni le vin : il faut quand même avoir le sentiment de vivre un peu.

Seulement, chaque 4 ou 5 jours je me trouve à jouer à Coronavirus Roulette. Je prends sur moi, et je partage l’espace du supermarché avec environ une petite centaine de personnes, et tant bien que mal nous naviguons comme on peut, occupés à choisir tel shampooing et tel yaourt, tel papier toilette et telle farine de blé.

Après 5 jours d’enfermement, c’est un moment de grande angoisse. La personne devant les légumes frais, a-t-elle le virus ? la dame devant les pâtes fraiches est-elle infectée ? En me regardant, de travers ou pas, elle se pose la même question. On ne sait pas.

On ne sait pas si on va expérimenter une insuffisance respiratoire aigüe, ou la mort, par le simple fait d’avoir partage un espace confiné avec quelqu’un qui cherche des œufs, des champignons ou une bouteille de vin.

A vrai dire, il ne m’est même pas venu à l’esprit de faire mes achats en ligne, même devant mon angoisse.

Et de ce constat m’est venu une proposition.

Pourquoi est-il possible encore aujourd’hui de partager un espace avec une centaine d’inconnus, sans compter les gens qui y travaillent ? Je n’ai pas le droit d’aller visiter ma fille, mais j’ai le droit de choper le Conoravirus d’un parfait inconnu, ou d’infecter des parfaits inconnus, au supermarché du coin.

Voici ma proposition :

Pourquoi ne pas interdire de se promener au supermarché ?

Pour ceux qui comme moi n’ont pas l’habitude d’acheter en ligne, ben on prendra l’habitude.

Et pour ceux qui arrivent devant le supermarché, sans avoir commandé en ligne, c’est simple : on interdit l’entrée, mais on propose 5 ou 6 différents ensembles de produits sur le champ et pré-packagé, couvrant les nécessités, les légumes, les pâtes, les viandes et poissons pour qui en mange, des produits de nettoyage et de toilette, etc. On peu même proposer d’y inclure quelques gâteries. Car oui, il faut aussi vivre par temps de pandémie.

Voilà ma proposition simple : qu’il soit interdit de se promener au supermarché. Cela nous évite tous de mourir pour un kilo de pâtes, et cela épargne aussi les caissières, obligées de mettre leur vie en jeu chaque jour pour accueillir des clients, infectés ou pas.

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