Actualités de la violence : "l'ensauvagement" des "gens bien" est-elle la solution ? Après Nice et Washington

Nous, les tard-venus sur la scène de l'Histoire de la vie et de notre espèce (même si une toute autre perspective pourrait nous faire considérer que nous ne sommes pas encore sortis d'une sorte de pré-histoire, eu égard à un avenir extraordinaire pour notre forme de vie), nous nous vantons d'être civilisés, et il y a quelques décennies encore, même d'être des civilisateurs. Il faut donc s'étonner que nous soyons si peu à nous étonner de la faiblesse des "civilisés" actuels, dopés aux rationalités, scolaires, sociales, médiatiques, dès lors que surgit un phénomène de violence qu'ils vilipendent tout en voulant l'imiter. C'est ce qui s'est passé avec "l'affaire du bijoutier de Nice". Les paradoxes s'accumulent. Les chantres de la dénonciation d'une société soumise à la violence des "voyous" en appelle au droit à la violence singulière. Ce que, fort heureusement, le cambrioleur tué par le bijoutier n'a pas réussi à faire contre celui-ci, c'est-à-dire à le tuer, celui-ci devait, exigent-ils, avoir le droit de faire ce qu'il a fait. Cette requête de quelques uns d'avoir une "licence to kill" est stupéfiante : dans quelles conditions, dans quelles limites, dans quelles proportions,     ceux-ci récusent les limites imposées à la "légitime défense", droit reconnu, pour s'octroyer celui de tuer, si cela leur paraît justifié. Ce serait la porte ouverte au far-west, et il faut s'étonner que parmi ceux qui récriminent pour cela ne se demandent pas, si, dans une bataille rangée de rue, ils ne seraient pas, éventuellement, perdants. Les mêmes qui exigent ce droit singulier accusent celles et ceux qui ne sont pas d'accord avec eux d'être "laxistes", d'être favorables aux délinquants : c'est comme si des fous conspuaient des consciences raisonnables de ne pas les suivre dans leur folie au motif qu'elle serait la raison même. Et si ceux qui sont raisonnables accuser ces fous d'être ce qu'ils sont ? Et pourquoi ne le faisons-nous, puisque ce serait le seul moyen de tendre un miroir à ces vociférateurs ? C'est qu'il est évident que celles et ceux qui sont réellement contre les formes de violence, comme celle-ci, le braquage violent, auraient voulu que les deux braqueurs fussent stoppés, arrêtés et jugés. Et si nous étudions de près ce commerce des bijoux, nous devrions nous étonner, nous, du laxisme avec lequel de

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