Election de 2020 en Côte d’Ivoire: Occasion inespérée pour la France

Election presidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire, soit la France continue d’adouber des politiciens qui ont montré toutes leurs limites, soit elle encourage à travers des élections pleinement démocratiques, l’avènement d’une nouvelle race de politiciens. Le statuquo ferait perdre à la France ,en 2 ou 3 générations, le poids que sa zone d’influence lui confère sur la scène internationale.

Depuis les indépendances des pays d’Afrique francophone, les pretendues aides au développement se sont multipliées sans résultats véritablement probants. La pseudo indépendance octroyée aux pays d’Afrique francophone a eu un double effet pervers. Premièrement  celui d’habituer les sociétés françaises à prospérer dans un environnement protégé de toute véritable concurrence. Deuxiemement celui de maintenir à la tête des états africains, des chefs d’états plus soucieux d’être dans les bonnes graces de l’Elysée que de mener une politique pour le mieux-être de leurs popuations. Une toute autre vision aurait fait de ces ex-colonies des puissances économiques qui auraient pu servir de levier à l’economie française. La Côte d’Ivoire prépare ses elections de 2020. Est-ce que cette fois, la France saura abandonner ses vieux reflexes et promouvoir un nouveau modèle? Rien n’est moins sûr car le président Macron ne semble pas prêt à reellement tourner la page pour écrire une nouvelle histoire de la France-Afrique. Si la France loupe cette opportunité elle ne pourra qu’assister, de plus en plus impuissante au déclin de son influence en Afrique et par conséquent dans le monde. 

Si ces dernières années il y a tant de réfugiés économiques venant de la Côte d’Ivoire, c’est bien que la fameuse croissance n’a pas su faire rêver ces candidats à l’exil. Le reêve est d’autant moins permis que cette croissance s’accompagne d’une corruption endémique et d’un clientelisme dévorant. Dans le contexte géopolitique en pleine transformation que nous connaissons actuellement, la France aura besoin d’ex-colonies fortes pour pouvoir influencer les décisions de la communauté internationale. Au lieu de se laisser grignoter son influence économique par des pays comme la Chine, la Russie et quelques autres puissances émergeantes, la France devrait se servir du peu d’influence qui lui reste pour promouvoir une nouvelle race de politiciens capables d’amorcer le véritable développement de leurs pays, non pas en dupliquant des modèles venus d’ailleurs mais en appliquant leur propre vision. La France doit mettre fin à cette dérive qui fait que le meilleur moyen de devenir milliardaire en Afrique c’est de faire de la politique. Des ex-colonies bien éduquées, où la formalisation de l’informel constituerait le levin d’une société favorisant la libre entreprise, ne pourrait que béneficier à moyen terme à la France tout en beneficiant aux populations locales qui auraient par ricochet moins tendance à vouloir s’exiler. La France a tout à gagner du véritable essor socio politico économique de ses ex-colonies. Si elle n’y contribue pas activement, elle se le fera imposer par les peuples d’Afrique et là, l’économie française risque de ne pas s’en remettre. Fini le paternalisme, fini la pseudo aide au développement. L’heure est à la pression maximale pour une vraie expression démocratique par les urnes. La France doit savoir se rendre redevable non pas d’un truquage mais d’un élection libre et transparente. La France ne doit plus être la complice de la gabegie de dirigeants africains mais devenir la complice d’une gestion rigoureuse des ressources du contribuable français par des états africains soucieux d’améliorer l’accès à l’éducation et à la santé de leurs populations .  In fine, c’est la meilleure façon de garantir un retour sur l’investissement que constituent ces prêts abusivement appelés aide au développement. La Corée du sud devrait servir d’exemple car quand on voit ce que ce pays était dans les années soixante et ce qu’il est devenu aujourd’hui, on ne peut qu’admettre qu’il existe un autre modèle d’aide au developpement, bien plus efficace que celui prôné par la France dans ses ex colonies.

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