Débat d'orientation budgétaire : ne pas bâtir Nice avec les fantasmes du passé !

Il a été demandé au conseil municipal du 29 janvier 2021 de prendre acte du débat d'orientations budgétaires de l'exercice 2021. Juliette Chesnel-Le Roux est intervenue, au nom du groupe écologiste, pour dénoncer l'absence de changement de cap du maire de Nice.

Il a été demandé au conseil municipal du 29 janvier 2021 de prendre acte du débat d'orientations budgétaires de l'exercice 2021.

Juliette Chesnel-Le Roux est intervenue au nom du groupe écologiste :

Le débat d’orientation budgétaire est crucial : il conditionne l’avenir de notre ville et de ses habitants...

Monsieur Estrosi, vous nous présentez un projet de « budget aux mille déguisements », comme dirait Maurice Leblanc. À la lecture de ce rapport, Je m’étonne ! J’ai bien l’impression qu’il nous manque des documents. J’ai beau parcourir les 45 pages du rapport avec attention, je n’y vois presque aucune mention de vos projets pharaoniques. Pourquoi les escamoter ? Assumez donc ! Vous dissimulez les projets pharaoniques mais pourtant ils sont tous là. Oui, il y a toujours la destruction de l’Acropolis. Oui, il y a toujours le commissariat le plus cher de France. Oui, il y a toujours la construction d’un deuxième centre des congrès inutile... Ne cachez pas vos projets ! Assumez-les !

Et répondez clairement aux Niçois : comment pouvez-vous poursuivre avec la même feuille de route après la crise Covid-19, après la tempête Alex ? Tous les jours des artisans, des restaurateurs, des commerçants mettent la clef sous la porte dans notre cité ! Le dernier rapport de la CCI estime qu’environ 15 000 emplois maralpins sont menacés. Les pertes correspondent à plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires ! Ce ne sont pas que des chiffres. Il s’agit d’hommes et de femmes qui souffrent, qui perdent leur travail, dont les projets d’une vie s’effondrent. C’est un drame économique, c’est un drame social, c’est un drame sanitaire mais cela est surtout un drame humain !

Cette période est analogue à l’incendie de Rome. Nous ne pouvons regarder notre cité se consumer sans rien faire. Les restaurants clandestins se multiplient ! Des restaurants cités au guide Michelin tirent le rideau !  Des restaurateurs à bout de souffle bravent les interdits et ouvrent. Ils savent pertinemment que les autorités vont les arrêter ! Nos restaurateurs ont le courage du désespoir, nous devons les aider ! Vous nous dites que la vie reprendra le 15 septembre ? Allons-nous regarder crever notre ville en attendant ? Non ! C’est maintenant que nous devons agir !

Combien de centaines de millions allez-vous dépenser dans des projets futiles alors que nos concitoyens souffrent ? Des projets qui verront le jour dans 5 ans-10 ans. Vous ne pouvez pas être Néron qui une fois l’incendie passé bâtit ses palais majestueux et indécents. Vos projets pharaoniques étaient déjà contestables avant la crise, maintenant alors que notre ville se désespère, ils ne sont plus acceptables !  Ils nous endettent sur des décennies et contribuent au dérèglement climatique. 

Jean Marc Governatori vous l’a déjà demandé : « que la ville fasse plus ! Qu’elle centralise les dossiers d’assurances de nos entreprises pour négocier la perte d’exploitation en leur nom, qu’elle prenne en charge les loyers des restaurateurs et des commerces ». Il est nécessaire d’instaurer un véritable plan Marshall pour sauver nos commerces, nos restaurants, nos artistes et nos associations !

Et en parallèle, nous vous demandons de repenser l’avenir de notre territoire à l’aune des évènements récents et pour une réelle transition écologique. Vous avez signé, en grande pompe, à la Métropole, une déclaration d’état d’urgence climatique : appliquez-la, respectez-la ! Les orientations budgétaires, à la façon des écologistes, seraient bien plus ambitieuses en termes de santé environnementale, d’autonomie alimentaire, d’autonomie énergétique, de création d’emplois, de logements pour tous, de soutiens aux quartiers, si l’on s’économisait les grands projets inutiles. L’hyper tourisme n’est plus la solution, nous devons nous tourner vers une économie locale, pour nos concitoyens.

Nous devons soigner notre ville, et puis… la repenser !  Ne pas refaire les erreurs du passé. Vos volontés de destruction, construction et autre bétonisation à tout va, c’est fini. Arrêtez de vouloir bâtir le Nice de demain avec vos fantasmes du passé !

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