Nice vend l'îlot Garibaldi/Ségurane à un prix décevant

Il était demandé au conseil municipal d'approuver la vente de plusieurs lots pour réaliser un ensemble hôtelier qui sera situé rue Ségurane. J'ai exprimé la déception du groupe écologiste par-rapport au prix proposé.

Il était demandé au conseil municipal du 7 octobre 2021 d'approuver la vente à la société Palais Saleya de plusieurs lots dans le cadre de la réalisation d'un ensemble hôtelier qui sera situé au 1 bis rue Ségurane et au 22, 23 et 24 rue Ségurane.

Je suis intervenu au nom du groupe écologiste :

Il s’agit d’un projet, lancé en 2019, qui porte sur deux sites distincts : le site dit Ségurane et le site dit Garibaldi.

Vous proposez de vendre ces deux sites ensemble, à un même acheteur, pour 9,5 millions d’euros.

Le Pôle d'évaluation domaniale de la Direction départema^entale des finances publiques (dit « service des domaines ») rappelle que ces biens se situent dans un quartier résidentiel en hyper-centre entre le Port, le Vieux-Nice et la place Garibaldi. Il estime ces deux biens à 10,86 millions d’euros... soit 1,36 million de plus que le prix proposé !

Certes, le Pôle d'évaluation domaniale a pris soin de préciser qu’une « marge de négociation jusqu’à 15 % peut être acceptée compte tenu du projet hôtelier et du contexte actuel liée à la crise du COVID 19 ». Nous rappelons néanmoins que l’offre de 9,5 millions a été faite en juillet 2019, soit bien avant la crise sanitaire…

Pour justifier cette offre inférieure de 13 % à l’estimation, il a également été évoqué en commission des surcoûts éventuels liés à la recherche d’archéologie préventive, de présence d’amiante, de termites et des risques liés au saturnisme, de plomb ou de pollution des sols. Encore faudrait-il confirmer et évaluer ces surcoûts avant d’envisager de baisser le prix !

Bref, nous sommes un peu déçus du prix s’agissant de biens communaux qui vont aller au privé pour faire des hôtels de luxe. N’aurait-il pas été plus pertinent, pour obtenir un meilleur prix, de stimuler la concurrence en vendant séparément ces deux sites qui, d’ailleurs, ne sont pas juxtaposés ?

Réponse :

Philippe Pradal apporte la réponse suivante : « Oui, nous avons décidé de vendre ces deux parcelles ensemble en raison de l'analyse qui a été faite. Nous pensons que ces parcelles présentent un réel intérêt en terme d'enrichissement de l'offre hôtelière et parce qu'on souhaitait aussi imposer des conditions constructives particulières qui permettent la rentabilité par la mutualisation d'un certain nombre de moyens entre ces deux parcelles. Il y a effectivement une décote qui a été opérée par-rapport à la stricte estimation des domaines parce que, lorsqu'il y a un projet de développement économique, créateur d'emplois, créateur de valeurs sur le territoire, nous pensons que l'objectif n'est pas systématiquement de chercher à retirer de la vente du patrimoine communal le meilleur profit à court terme mais peut-être d'avoir une approche globale. »

Je ne comprends pas cet argument. Une division en deux lots aurait facilité la concurrence et aurait donc permis d'avoir les meilleures offres possibles. Et si vraiment un acheteur souhaitait mutualiser ses moyens, rien ne l'empêchait d'acheter les deux lots !

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