Objectif « Nice Zéro Plastique »

Il a été proposé au conseil municipal de Nice d'approuver l'engagement du programme « Nice Zéro Plastique ». Au nom du groupe écologiste, Hélène Granouillac a demandé des précisions.

Il a été proposé au conseil municipal de Nice du 14 décembre 2020 d'approuver l'engagement du programme « Nice Zéro Plastique ».

Hélène Granouillac est intervenue au nom du groupe écologiste :

634 000 kilos de déchets sont déversés dans les océans chaque seconde, soit 20 milliards de tonnes de déchets par an, dont 80 % proviennent des terres. Un quart des déchets plastiques de la région (pourtour méditerranéen) sont rejetés dans la nature chaque année dont 600.000 tonnes en Méditerranée (mer quasi fermée).

En août 2019, le maire de Nice s’engageait officiellement en signant, avec le WWF France, une charte de collaboration visant à mettre fin aux rejets de plastique en Méditerranée à l’horizon 2025 dans laquelle vous vous « engag[i]ez à aller plus loin en réalisant un diagnostic précis des sources de pollution plastique (nature, type, nombre…) ».

Où en est ce diagnostic et pourrait-on en avoir copie ?

Le 11 mars dernier nous organisions près de l’hôpital Sainte-Marie, le nettoyage des rives du Paillon, fleuve si cher à l’histoire et au patrimoine des Niçoises et Niçois.

Le bilan ? À une vingtaine de personnes pendant près de trois heures, nous avons rempli plus de 100 sacs de 50 litres sur 100 petits mètres carrés. Lieu oublié de la ville de Nice, comme les riverains venus nous encourager nous le rappelaient, lieu perdu aussi pour la Baie des Anges et pour la Méditerranée où finit ce poison pour ses eaux, ses fonds, ses habitants.

Nombre de volontaires et collectifs citoyens s’investissent, à Nice, depuis des années dans des opérations de nettoyages, toujours plus nombreux, face à toujours plus de plastique à ramasser. Le compte n’est pas bon. On en retrouve d’ailleurs jusque sous les végétaux qui bordent les pistes cyclables où d’authentiques décharges camouflées prolifèrent.

Outre votre campagne de sensibilisation et de prévention envisagez-vous des sanctions pour les contrevenants ? Si oui, lesquelles ? Enfin, quel sera le rôle de votre discrète LAC - brigade luttant contre les atteintes du cadre de vie - dans ce contexte ?

Réponse :

Pierre-Paul Leonelli a apporté cette réponse : « Nous n’avons pas la compétence pour systématiquement nettoyer les rives du Paillon. Il y avait un syndicat mixte qui devait prendre en charge le nettoyage des rives du paillon qui était le SIAAP puis tout a été transféré à un autre syndicat qui s’appelle le SMIAGE. »

Anthony Borré a ajouté : « La brigade de lutte contre les atteintes au cadre de vie, créée en 2014, est composée de 25 fonctionnaires. Depuis sa création, c’est 42 000 missions de salubrité et 11 500 procédures qui ont été accomplies par cette brigade. S’agissant des dépôts d’ordures et de déchets, c’est 3 078 PV qui ont été dressés, en 2020, contre 1 073, en 2019. Je pourrais vous parler des jet de détritus (735 verbalisations), des déjections canines (100 verbalisations), des mégots (793 verbalisations)… Bien entendu, cette brigade fait de la prévention mais sera là, le moment venu, pour faire de la répression »

Richard Chemla a complété : « Nous avons un travail énorme d’éducation à faire. J’ai demandé que l’ensemble des associations qui travaillent sur l’éducation à l’environnement soient mieux aidées, soit mieux subventionnées. Nous travaillons aussi sur les marchés publics. Et nous travaillons avec l’Euromed ou l’Euroméditerranée pour enclencher cette dynamique avec l’ensemble des pays de la Méditerranée. »

 

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