Compte administratif de la ville de Nice : moins d'argent pour l'environnement !

Je suis intervenu sur le compte administratif 2020 de la ville de Nice. J'ai notamment critiqué la chute des dépenses d'équipement portant sur l'aménagement urbain et l'environnement.

Il était proposé au conseil municipal du 27 mai 2021 d'approuver le compte administratif 2020...

Je suis intervenu au nom du groupe écologiste :

Ce compte administratif 2020 est évidemment impacté par la crise sanitaire… D’ailleurs, selon vous, quand les recettes diminuent, c’est exclusivement à cause de la Covid. Et quand les dépenses diminuent, c’est un peu, je cite, grâce à « la poursuite des économies engagées au cours des dernières années ». C’est de bonne guerre ! Et il est indéniable que 2020 n’a pas été une année budgétaire sereine...

Ceci étant dit, permettez-moi de décrypter un peu votre note de présentation…

1/ Lors du dernier conseil métropolitain, j’avais rappelé la création, en 2018, de la taxe métropolitaine sur le foncier bâti. Et pour vous, 2018, c’était loin. Vous aviez même ironisé sur le fait qu’un jour, je vous parlerai de la gestion de François Malausséna…

Dans votre rapport de présentation, vous remontez pourtant plus loin que moi puisque vous déclarez : « Au cours des dix dernières années et malgré la baisse des dotations, la ville de Nice n’a pas majoré ses taux de fiscalité. » Tout d'abord, c’est dommage que vous ne commenciez pas par l’année 2008, date de votre élection à la mairie de Nice. On aurait ainsi pu parler de 2009 qui est l’année où vous avez décidé d'augmenter de 15% les 3 taxes communales. Mais avec un peu de chance, les contribuables ont oublié…

Mais puisque on doit se contenter des 10 dernières années, il aurait été honnête de votre part de rappeler qu’en 2015, le produit de la taxe d’habitation a augmenté de 4,5% (selon le calcul de la Chambre régionale des comptes) suite à votre décision de réduire les abattements sur les bases.

2/ Dans votre rapport, vous dites qu’« en 2020, la ville de Nice a remboursé plus d’emprunt qu’elle n’en a souscrit ». Il conviendra de féliciter l’auteur de cette jolie formule qui sonne bien. Mais, au final, quel que soient les éléments de langage utilisés, le capital restant dû a quand même augmenté, en 2020, de plus de 7 millions d’euros !

Nous notons que la vente des « bijoux de famille » (c’est-à-dire la vente de biens immobiliers appartenant à la ville) a rapporté 10,7 millions.

Nous relevons que les intérêts moratoires et pénalités payés par la ville (à hauteur 20 356 euros) ont baissé de 57% par-rapport à 2019 et ça, c’est bien ! Je suppose qu’un meilleur suivi des factures a été mis en place pour obtenir ce résultat.

3/ Vous ne vous étonnerez pas d’apprendre que le groupe écologiste regrette que les dépenses d’équipement portant sur le logement et la rénovation urbaine chutent de 13 % (elles passent de 5,7 à 4,96 millions d'euros) tandis que les dépenses liées à l’aménagement urbain et à l’environnement s’effondrent de 40 % (elles passent de 22,4 à 13,44 millions d'euros).

Réponse :

Christian Estrosi me répond : « il faut savoir qu'aujourd’hui 80% des Niçois ne paye plus de taxe d'habitation et que d'ici 2023, c'est la totalité d'entre eux qui n'aura plus à assumer de taxe d'habitation. »

Certes, mais je rappelle que l'augementation du produit de la taxe d'habitation a été votée par le conseil municipal, en 2015, et que ce n'est qu'en 2020 que cette taxe a été supprimée pour 80% des contribuables (suite à la loi de finances votée par le Parlement, en 2018).

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