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Hong Kong - France : derrière le masque, la dictature

Hong Kong fait la "une" des médias depuis le début des manifestations. Leur intérêt redouble depuis que Xi via Lam, sa représentante sur place vient de remettre à jour une loi de 1922, jamais appliquée depuis 1967 mais jamais abolie non plus qui interdit le port du masque.

Mais ces médias ont-ils été aussi virulents à l'égard de la loi dite anticasseurs lorsqu'elle a été promulguée au journal officiel le mercredi 10 avril 2019 ? Présentée comme une réponse aux violences des gilets jaunes, elle permet en réalité de condamner n'importe qui se trouvant "au sein ou aux abords immédiats d'une manifestation au cours ou à l'issue de laquelle des troubles à l'ordre public sont commis ou risquent d'être commis". Les termes employés permettent une interprétation large et dangereusement liberticide. Validée par le conseil constitutionnel, elle interdit de "dissimuler volontairement tout ou partie de son visage sans motif légitime sur la voie publique". Ce texte fait suite au décret d'Alliot-Marie "anti-cagoule" n° 2009-724 du 19 juin 2009 qui interdisait aux participants à des manifestations publiques de dissimuler volontairement leur visage. Pour cette grande amie des libertés publiques et du régime de Ben Ali "ceux qui manifestent pour leurs idées, jamais ne dissimulent leurs visages"  et son décret visait "des gens qui ne viennent pas du tout pour la manifestation mais pour casser, dissimulés derrière des cagoules". La différence entre la pratique chinoise (ou russe et nord-américaine par exemple ) et la démocratie française s'amenuise régulièrement et nous avons à lutter pour que leurs traits ne se confondent pas. 

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