"Une petite bande de lâches et d'irresponsables"

De quelle bande est-il question ? De cette classe de riches dont nous subissons chaque jour la guerre ? Ou d'insupportables crétins dont la haine liée à une absence dramatique de culture et de réflexion les fait s'attaquer à leur propre quotidien et à celui de leurs connaissances ? Qui sont les vrais responsables, ceux qui préparent le brasier ou ceux qui craquent les allumettes ?

Quand l'insécurité gagne tous les moments de son existence, personne ne peut vivre sereinement. Quand chaque jour, on craint qu'une catastrophe survienne et vous affecte durablement, on est inquiet pour son avenir ou celui de ses enfants, Qui sont les membres de cette bande désignée par le premier ministre ? S'agit-il de ceux qui mettent le feu dans certaines villes ou de ceux qui depuis plus de trente ans arment leurs bras ? Et s'il n'est pas acceptable que des individus dégradent l'espace commun et sèment la peur chez des habitants que la précarité désigne comme premières victimes que dire de ceux qui depuis plus de trente ans réunissent les conditions propices à ces embrasements. Ce sont eux les vrais responsables, les obligés de l'idéologie libérale au service du un pour cent qui compte et de leurs kapos. Les propagateurs de la lobotomisation et de la crétinisation des cerveaux avec la permanence des télévisions et du web sans qu'aucune éducation préalable n'ait permis de les maîtriser. Les contempteurs d'un marketing omni-présent dont on constate l'influence sur les catastrophes climatiques qui provoquent déplacements et morts au sein des populations les plus précaires. La violence de la crainte de la précarisation, du chômage, des soupes populaires ou des nuits sur le trottoir. La violence des forces "de l'ordre" contre les protestataires et les contrôles policiers souvent méprisants voire violents qui ciblent toujours les mêmes publics. Le sentiment d'être une quantité négligeable au ban des villes, dans des quartiers dévastés. La haine de soi et d'autrui, à force de se cogner aux murs du quartier sans autre espoir que celui d'y passer sa vie alors que partout, la publicité présente une vie facile dans des endroits de rêve. Chez les habitants, la peur des meutes, de leurs caïds qui occupent un terrain déserté par les services publics et leur pourrissent la vie. La vente à la découpe de ce pays effectuée par les politiques au profit des  ceux dont ils sont les obligés et les enfants dont le chouff est le stage apprentissage qui remplace avantageusement un école devenue inutile. La propagation de la haine de qui n'est pas exactement son semblable et dont les médias font leur quotidien qui prépare le terrain aux prosélytes, religieux et fascistes de tout poil qui  n'ont plus qu'à ramasser les dividendes pour la plus grande satisfaction de l'oligarchie aux manettes. Les conditions sont réunies pour que des cerveaux peu sollicités, guère habitués à développer une réflexion construite, se livrent à des exactions nourries par la haine de leur propre existence mais qui ne feront qu'aggraver leur quotidien et celui de leurs relations qui vivent dans des quartiers. Ce constat, chacun peut le faire depuis longtemps, notamment à Trappes, Chanteloup, Les Mureaux ou Mantes pour n'évoquer que le département des Yvelines. Cette question se pose et depuis trop longtemps : pourquoi laissons-nous « une petite bande de lâches et d'irresponsables » agir en toute impunité alors que nous le savons, l'histoire se terminera très mal ?

Reçu ce courriel de monsieur M.V.  Barcelone, Espagne : "cette tentative d'explication est insupportable !"   

 

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