un gouvernement de gagneurs

"La croissance, j’irai la chercher avec les dents", aurait déclaré le nouveau premier ministre made in UMP puis LR, recyclant un slogan du conseiller caché de l'Elysée, sans préciser à l'attention de qui cette envolée était destinée. Quelques uns de ces gagneurs ruisselants qui s'apprêtent à en poursuivre la mise en oeuvre et notre appauvrissement.

L'observateur le moins attentif l'aura remarqué, ce gouvernement, c'est pas un gouvernement de pédés (1) ! D'abord, le viril Dupont Moretti. En prononçant le discours d'ouverture de la feria de Nîmes, Asceauxtator montre qu'il est favorable à la peine de mort. Certes, on objectera que pour l'heure, il n'est question que de taureaux, mais laissons-lui le temps d'arriver. "Cri Cri d'amour" Castaner se retrouve à la rue comme une vulgaire Siberth Ndiaye. Après avoir donné des preuves de loyauté à tour de matraque, il y  a de quoi être dépité. D'ailleurs il devrait le retrouver son siège à l'assemblée. Macron, méfie-toi, l'homme des Hautes Alpes, il pourrait rejoindre les gilets jaunes. Il n'en est pas à un reniement près, ni comme on le voit à un remaniement près. On connaît les clowns blancs et les Auguste. Avec Bachelot, le monde du spectacle explore une troisième voie, celle des clowns pathétiques. A quand le Bachelor (qu'on me pardonne cette facilité) donné dans la cour d'honneur du palais des papes ? Peut-être son parcours doit-il d'avoir été balancée trop près d'un mur par De Gaulle lorsqu'il la tenait dans ses bras. Quoiqu'il en soit, la stagiaire des cours comiques (école Chirac et classe Bouvard)  nous changera des poseurs et de ces soi-disant  intellos ou amis des artistes qui jusque là squattaient les salons ne s'occupant que de leur intérêt propre (sic) ou de celui de leurs amis. Avec Bachelot, c'est clair, on connaît les amis et les renvois d'ascenseur qui seront faits. Pour le prochain remaniement, Lagaff , Ferrand ou Bern ?  Ces deux royalistes se feraient un plaisir de réhabiliter la charge s'occupant des "Menus plaisirs du roi", les cérémonies et spectacles de la cour. Bien plus utile qu'un ministère de gaspilleurs de deniers publics. On l'aura compris, ce deuxième gouvernement est sur la bonne voie. Bien qu'à propos de voix, on puisse regretter que l'ineffable Patrick Cohen n'ait pas remplacé (Alain) Peyrefitte à la tête du ministère de la communication. Seule ombre au tableau, certes ce gouvernement semble être un fier aréopage au service de quelques uns mais dans les colonnes de Mediapart, on peut consulter des articles se plaignant amèrement que la parité ne soit pas respectée. Ces esprits chagrins, toujours prêts à la critique auraient-ils préféré voir à la tête de l'état, plutôt que des gagneurs, un gouvernement de "gagneuses" (1) ?

(1) à l'attention des imperméables au second degré, c'en est justement, du second degré

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.