L'oeil de Benalla sort de la tombe et nous surveille

Benalla en s'aventurant dans le business de la reconnaissance faciale ne fait que mettre au goût du jour technologique la bonne vieille vidéosurveillance importée des USA par Patrick Balkany, Caméra d'or au festival RPR de 1991.

Cette parodie de communiqué de presse envoyé par la députée Aviator au nom du groupe LADEM (La Dictature En Marche) est-elle si farfelue ? "Certains medias dont celui-ci, ont affirmé qu'une affaire Benalla existait et que c'était même un scandale d'état. Les informations contenues dans cet article démontrent clairement qu'il n'en était rien et que la mauvaise foi de certains "journalistes" n'avait d'autre but que de déstabiliser le courageux président Macron qui n'a de cesse de lutter pour la préservation des libertés individuelles même s'il s'agit surtout, de celles de ses amis. Souhaitons que les plumitifs publient un mea culpa collectif en guise de droit de réponse. "

Pour ce qui est du marché de la reconnaissance faciale, ce pauvre Benalla ne fait guère que suivre l'exemple de quelques dictatures du S-E asiatique qui elles mêmes empruntent les traces de la Chine, popularisant la pratique avec des congrès, des investissements, des reportages et des filières universitaires dans ce qu'elles présentent comme étant l'un des enjeux majeur du futur, l'intelligence artificielle. Utile et indispensable pour "guider" les consommateurs, les inciter à dépenser inutilement davantage, les surveiller grâce, notamment, à la reconnaissance faciale. Sans oublier que l'accumulation de données recueillies, un sacré big data, peut être rentabilisé par les promoteurs. Quant aux erreurs dont la reconnaissance faciale est la cause, créant des dommages aux personnes accusées et emprisonnées à tort, quelle importance ? Ce qui compte est que chacun d'entre nous se persuade que, Caïn caha, l'Oeil du surveillant est sorti de la tombe et nous observe partout et en tous temps. Tous surveillés parce que tous potentiellement coupables.

 

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