Badiou, Maztneff, C Politique

Au moment où la polémique naît à propos de l'invitation du pédophile Matzneff dans les médias, "C politique" (la 5), invite Badiou qui a longtemps soutenu les khmers rouges génocidaires. Après une heure d'émission personne n'a (encore ?) songé à le lui rappeler. Tact admirable des journalistes.

Rires complices (j'allais écrire serviles) des participants aux saillies du "maître". Une preuve supplémentaire, s'il en fallait, qu'il ne faut rien attendre de bon des médias dominants. La complaisance des médias à son égard m'a rappelé la même complaisance des mêmes médias il y a une trentaine d'années vis à vis du prédateur criminel Matzneff. Décidément rien ne change. Rappelons l'engagement de Badiou aux côtés du régime génocidaire, obscurantiste et dictatorial des khmers rouges. Présenté comme le dernier des philosophes communistes, il brocarde l'autoritarisme de certains gouvernements, notamment en Asie puis pontifie à propos de l'élection présidentielle américaine et de Trump alors qu'il a fait l'apologie d'une bande d'idéologues fous et criminels responsables d'un peu plus de deux millions de morts (sur moins de huit millions d'habitants), a fondé son pouvoir sur la terreur et l'ignorance* et a ruiné le pays pour longtemps.  Cette dérive qui fut constitutive de l'idéologie khmère rouge, il la condamne aujourd'hui dans d'autres régimes dirigés par des irrationnels ce que les frères 1,2,3,4 etc ne devaient sans doute pas être à ses yeux. Si certains brillants intellectuels français et maos de l'époque sont revenus sur leur soutien inacceptable au régime d'inspiration maoïste, il a fallu beaucoup plus de temps à Badiou avant qu'il reconnaisse le tragique de sa position (ego mon bel ego). Badiou qui  devrait se disqualifier lui-même reste pourtant invité dans les médias (Finkelkraut également) où il délivre sa pensée sur le capitalisme, la mondialisation, les catastrophes environnementales et se livre à une analyse de l'évolution dictatoriale de gouvernements asiatiques et américain dirigés par des tyrans insupportables. Badiou voit donc la paille de l'autoritarisme et du comportement irrationnel de certains leaders et gouvernements asiatiques ou américain* mais n'a pas vu la poutre du communisme, une idéologie autoritaire qui a toujours donné naissance à la dictature. 

* "la vérité vient de la campagne" - "à mort les intellectuels"

** bien que n'ayant pas encore provoqué autant de morts que le régime chéri de Badiou. 

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