La forêt de Fontainebleau en danger

Deux dangers supplémentaires s'ajoutent à la liste de ceux que connaît déjà la forêt de Fontainebleau. La ministre Pompili venue prendre un bol d'air pur et la candidature soutenue par B Macron d'inscription au patrimoine de l'Unesco (château +forêt = pepetes) alors que les moyens affectés à l'ONF diminuent depuis vingt ans, témoignant de la volonté d'une privatisation inévitable.

La forêt de Fontainebleau est un bon observatoire des comportements sociaux  des délitements dus notamment à la valorisation d'un individualisme forcené qui tient lieu de morale publique, une sorte d'après moi, le déluge. On y retrouve en effet toute une gamme de comportements imbéciles et symptomatiques de l'idéologie capitaliste et de l'individualisme forcené qu'elle promeut (1). Les gougnafiers qui l'utilisent comme décheterie, d'abord, qu'ils soient promeneurs du week-end (2), entreprises du bâtiment ou de commerce sexuel, clients ciompris, ils abandonnent pneus, plaques de matériaux divers, sacs de gravats, sacs, gobelets, bouteilles, pq etc quand il ne s'agit pas de matelas ou de meubles détruits. C'est qu'il n'est pas question de perdre de temps en se rendant à la déchetterie voisine ni de payer les taxes réclamées pour le traitement des déchets. D'autres groupes privatisent la forêt, les sociétés de chasse (3) dont des membres furent récemment réquisitionnés chasser les contrevenants du confinement, les entreprises de déforestation qui mettent la forêt en coupe réglée, des motards aussi qui s'en servent de terrain d'aventure, par exemple. Il arrive heureusement, que le promeneur matinal puisse apercevoir avec un peu de chance et d'attente, un chevreuil ou une biche. C'est en revanche plus difficile pour cette espèce menacée quee sont les agents de l'Onf, ceux qui entretiennent, régulent, réparent et qui pansent les plaies. Une situation qui remonte à la présidence du maitre à penser de l'Elysée, Sarkozy. C'était l'époque de la RGPP et de la location de la forêt et des personnels attachés pour compenser les réductions budgétaires. Nul doute que le classement Unesco dans un département dont les élus vantent la fréquentation touristique, due à la présence de Dysneyland, en cherchant à l'augmenter, amène davantage de nuisances directes pour le massif lui-même et indirectes pour les populations de cette partie du Grand Paris (tiens, tiens). Quant à la visite de la ministre de la transition écologique, là encore, on ne peut en attendre que le pire. Les paris sont ouverts : taxes accrues, interdictions de pénétrer dans diverses parcelles, peines de prison et amendes (déjà existantes) et dont on constate l'inefficacité. Ce n'est sans doute pas un hasard si j'ai croisé deux policiers à cheval (et non des agents de l' Onf), sur les sentiers où je vététais. Quelques jours avant la venue de madame Pompili, était-ce vraiment un hasard ? Comme chaque fois, le traitement de la crise sanitaire en est une illustration, ce gouvernement comme ses prédécesseurs, fait le choix de punir, de réprimer, de confisquer le bien public en faveur de certains intérêts tout en y affectant les financements recueillis par l'impôt plutôt qu'explorer d'autres alternatives et s'engager dans une réflexion et des actions systématiques non imposées. Un lieu commun dans des systèmes autoritaires et prédateurs comme l'est le système capitaliste.  

(1) "special thanks" à l'attention de Séguéla, de ses collègues et au ministre de Mitterrand, B. Tapie.  

(2) il faudra tout de même accepter d'aborder la question de la surpopulation, de la densité de certains territoires et de la politique de natalité : il y a trop d'habitants en Ile de France, ce qui explique pour partie pareils phénomènes . 

(3) la recrudescence de sangliers, nourris par certains habitants, fournissent une excellente justification à leur présence. 

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