Vingt minutes à l'arrêt de bus

Quimper, arrêt "Place de Locronan" ce mercredi midi, en attendant le bus pour Douarnenez.

Mon voisin de banc, la petite soixantaine fatiguée, bonnet roulé jusqu'aux oreilles, sort son paquet à rouler. En très gros caractères ( des "Tabac goudron" ?), sur la partie intérieure de la pochette, côté blague donc, celle-ci : "FUMER TUE". Imperturbable le rouleur roule. Ca sert à quoi de savoir lire ? 

Sous l'abribus, il y a une petite foule. Le fameux crachin breton. Parmi la dizaine de personnes, des gens plutôt jeunes mais une ou deux personnes âgées également. Toutes ont un point commun. Les yeux rivés sur les écrans, le casque sur les oreilles ou les écouteurs à l'intérieur. Pendant les vingt minutes que durera l'attente, un silence exemplaire. Pas un mot, pas un échange. A quoi ça sert d'apprendre à parler ?

Retard du bus ? Probable et fréquent. Je demande l'heure à ma voisine. Elle sort son téléphone portable pour me donner l'heure. J'ai vécu exactement la même scène à Saïgon quelques mois plus tôt. Horloger, une profession rapidement au chômage Et viva la mondializacion !   

Plus tard, correspondance à Douarnenez, direction le terminus Audierne. Seul passager pendant les vingt cinq kilomètres et trente minutes du voyage. A force de raréfier les propositions, de supprimer des lignes et des horaires de passage, chacun prend sa voiture. Et bientôt on fermera les dernières lignes passe qu'y a personne dedans ! 

 

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