Complotisme et crétinisation

La diffusion et le succès du financement de la dernière vidéo complotiste à la mode sur les réseaux dits sociaux sont une nouvelle preuve de la dangerosité de ces fabriques à crétins. Un seul mot d'ordre devant ce hold-up quotidien : "Bas les pattes".

La diffusion et le succès du financement, un million de contributeurs annoncé, d'une vidéo d'enfumage complotiste sur les réseaux dits sociaux apporte une nouvelle preuve de la nocivité et de la dangerosité de ces fabriques de crétins. Les medias dominants, sans doute les yeux fixés sur le compteur à clics, s'empressent de donner leur imprimatur, craignant sans doute d'avoir un buzz de retard. Ils contribuent ainsi à une sorte de légitimation de ce qui pourrait relever de l'ordre de blagues potaches perverses si la démarche n'était pas éminemment politiques et que ses consequences n'étaient pas liberticides. Et l'on peut lire sur ceci les sites internet de ces médias officiels. Gros titres relevés le 13 novembre. Francetvinfo.fr "un documentaire dénonçant un complot mondial fait polémique." Un documentaire... le poison est instillé La RTBF inclut un point d'interrogation, sans doute destiné à rappeler que le journalisme ne devrait pas se contenter de retranscrire des événements mais  demande a s'appuyer sur une investigation minimale : "Le coronavirus, fruit d'une "manipulation mondiale" ? "Hold-Up", un docu soutenu par des milliers de contributeurs". Canal plus, remarquable de sobriété se contente d'un faire part de naissance pour présenter cette entreprise de désinformation : "le documentaire choc sur la covid-19 en streaming direct et en replay ."  Présenter benoîtement cette vidéo comme un "documentaire" pose également la question de la connivence et de la capitulation des représentants de la supposée objectivité et de la bienveillance de ces titres. D'ailleurs, se sentant sans doute morveuse, Francetvinfo.fr, porte-voix officiel d'un état qui légifère "contre la manipulation de l'information" au nom de la lutte contre la diffusion de "fake news", rectifie le tir le lendemain matin : "Hold-up", qui prétend dénoncer les "mensonges" autour de la pandémie". Une modification bienvenue qui aurait mérité d'apparaître dès l'origine. Avec leurs mensonges, les scandales, les conflits d'intérêt, les mesures de coercition, les dirigeants politiques et des représentants du corps médical portent une part de responsabilité dans la défiance complotiste. Il faudrait une attitude et des choix transparents, sans que certains intérêts industriels soient privilégiés. Ce dont on peut évidemment douter quand on voit le choix des tests PCR.    

Il y a peu encore, ce genre de connerie n'aurait vraisemblablement suscité qu'un intérêt limité et moins envahissant. Depuis, la caisse de résonance des réseaux sociaux qui nivelle toutes les paroles y compris les plus absurdes et les plus odieuses, est passée par là, allumant les feux d'une nuit de cristal mondialisée qui, comme la précédente n'amène que la haine et la misère.  Trump, les négationnistes, les illuminati, les tours du 11 septembre 2001, les anti-vaccin, ceux qui doutent de la dangerosité du covid ou les saintes huiles du professeur Raoult se rejoignent dans une volonté complotiste, piège à esprits désorientés, angoissés et abrutis par l'afflux incessant et la consommation abusive de ces "nouvelles" à géométrie variable et à la vérité "alternative". Vraies ou fausses, comment faire le tri parmi elles ? En commençant par une cure de désintoxication. 

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