Les policiers aussi sont des "pauvres irresponsables "

Le président Macron stigmatise à juste titre le comportement des "pauvres irresponsables ". Il ne faudrait pas oublier de relever les abus des auxquels se livrent les policiers.

Parmi les avantages liés à l'exercice de leur métier, les policiers bénéficiaient déjà de l'impunité quasi-absolue de leur hiérarchie et de la gratuité de leur vestiaire (1) et de son renouvellement (2) quand tant d'autres professions doivent en assumer la charge financière. Il pourrait être intéressant de vérifier si pour les personnels de cuisine et les travailleurs du sexe notamment, les dépenses d'habillement à usage professionnel ouvrent au moins droit à une déduction fiscale.

 © Jean Claude Lénervé © Jean Claude Lénervé

Ces avantages ne leur paraissant pas suffisant, des campagnes relayées par les médias télévisés ont sensibilisé le public à aux difficultés financières dans lesquelles les policiers se débattent. Il est vrai que remplacer un véhicule incendié est une dépense imprévue qui grève pèse sur le budget d'un fonctionnaire. En peu de temps, la lutte contre  la pauvreté chez les policiers est devenue "Grande cause nationale" et trois mesures ont été prises pour pallier ce problème dans l'urgence. En effet, il serait inadmissible que Fort Macron ne puisse compter sur la fidélité et la loyauté sans faille de ces troupes au début d'une période que l'on espère mouvementée et pleine de chausse-trappes.

Première mesure, dispense de la vaccination et du passe sanitaire. De toutes façons, ce public est trop gangrené par la fréquentation des réseaux sociaux, des propos complotistes et des émissions de Cnews pour espérer le voir accepter ces contraintes.

Deuxième mesure, la gratuité totale dans les transports entre le domicile et le lieu de travail. Ceux de la SNCF seulement ce qui, suite à la privatisation l'ouverture à la concurrence de l'ancienne entreprise nationale et l'apparition d'opérateurs privés pourrait priver certains policiers de cet avantage. Pour éviter cette injustice, une part des impôts perçus par l'état ou les collectivités devrait être versée aux transporteurs public et privés. Cette disposition devrait rapidement être étendue aux départs en vacances. Si l'application de ces deux avantages, justifiés par quoi au fait, faisait naître ressentiments et jalousies chez d'autres fonctionnaires comme les personnels soignants qui, au plus fort de la crise sanitaire n'ont jamais connu que la moitié de la prise en charge de cette dépense, il suffirait d'accélérer le processus de suppression de la fonction publique. Cette démarche engagée depuis Sarkozy le visionnaire, ne devrait pas soulever beaucoup de vagues, puisqu'elle est applaudie par les entreprises, les éditorialistes et l'ensemble des partis politiques à l'exception de quelques minorités vagissantes. Reste une question délicate, l'exonération fiscale des transports pour les travailleurs du sexe, aucun tableau élaboré par le ministère des phynances ne faisant apparaître un chapitre "Frais de transports amoureux".  

Troisième mesure, la possibilité ou l'obligation de ramener son instrument de travail à son domicile. Cette mesure vise à compenser la modicité des revenus en permettant à certains impécunieux de l'utiliser pour effectuer des travaux non déclarés. Le risque existe qu'une arme de service soit utilisée à des fins criminelles ou mercantiles. Les raisons ne manquent pas. Terrorisme, trafics divers, réappropriation, braquage de banques pour financer des achats impulsifs, implication dans une bande mafieuse ou un service d'ordre de parti factieux ... l'inspiration des mânes du regretté Pasqua et les pratiques du SAC ont-elles vraiment disparu ?  

Le chef de l'état a récemment stigmatisé et à juste titre, le comportement de ces "pauvres irresponsables " qui consacrent les aides sociales qui nous coûtent un pognon de dingue à l'achat d'écrans plats. Or, dans le grand corps malade de la police qui bénéficie de ces avantages conséquents financés par la collectivité nationale, à l'exception des exilés et optimisés fiscaux, il existe des fonctionnaires qui utilisent ces subsides à des fins consuméristes plutôt que pour nourrir leurs enfants. Il a ont en effet été constaté que certains d'entre eux étaient en possession de caméras dites piétons avavec lesquelles ils conservent des souvenirs de vacances ou dont ils alimentent les comptes de leurs réseaux sociaux de leurs exploits. Monsieur le président, ne lâchez rien, poursuivez ces "pauvres irresponsables " de votre courroux jupitérien (3).

(1) Pour qui a du temps à perdre, les 53 pages de ce décret du 1er août 2007 qui fixent les conditions d'acquisition du vestiaire et les conditions de son renouvellementhttps://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://www.interieur.gouv.fr/content/download/7693/72643/file/INTC0700086C.pdf&ved=2ahUKEwjKlbm18oLzAhWNkhQKHU0oDGYQFnoECBwQAQ&usg=AOvVaw3XqfzrEPK4V2y3RBxtevrl 

(2) le renouvellement des tenues de la musique des gardiens de la paix n'est pas pris en charge. Une fausse note à signaler.

(3) l'expression "courroux jupitérien" a dû inspirer la chanteuse grecque Nana Mouskouri dans son interprétation de la rengaine "coucourou coucou Paloma". 

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