Question à Buzyn

"Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous". Madame Buzyn, pourquoi ne pas avoir alerté publique et saisi les médias puisque votre supérieur refusait de dessiller les yeux ? Hypocrite hippocrate.

J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. » . Plutôt que de dénoncer vos petits camarades qui ne perdent rien pour attendre, répondez à cette seule question Buzyn : pourquoi n'avez-vous pas alerté les médias ? Il s'en serait bien trouvé un pour relayer l'information et nourrir le débat public. Mediapart, par exemple. A cause des élections municipales, par crainte de représailles du sommet de l'état ? Peut-on imaginer pareille couardise et espérer s'en dédouaner à aussi bon compte ? C'est pas moi, c'est l'autre... Un comportement de cour de récréation, une attitude lamentable et méprisable qui vous rend moralement coupable de négligence puisque à en croire votre épanchement actuel dans les médias, vous saviez  l'ampleur de "la vague de tsunami qui arrivait". Se racheter une conscience à peu de frais. Me revient en mémoire "Last train to Nuremberg", que chantait Pete Seeger. Il est question de guerre, du Vietnam mais puisque pour  vous, nous sommes dans une guerre sanitaire ...) mais surtout de responsabilité. "Tell me, is that blood upon my hands?" ("Dites-moi, est-ce du sang sur mes mains"?). Vous aurez sur les mains, un peu du sang de ceux qui vont mourir, par votre silence et votre indifférence. Décidément, madame Buzyn, je n'aimerais pas être à votre place.  

"Who held the rifle? Who gave the orders?
Who planned the campaign to lay waste the land?
Who manufactured the bullet? Who paid the taxes?
Tell me, is that blood upon my hands?"

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