Macron et la carabistouille

Porté par Macron puis par Ferrand, l'élément de langage "carabistouille" fait son entrée dans le lexique de la V° sans peine. Pour faire peuple ? Cela ne devrait pourtant pas suffire à faire disparaître le sentiment de mépris ressenti notamment par les "classes populaires" de ce pays.

a heurté aDans ses conférences de presse, Mongénéral tirait régulièrement de son chapeau des sauts de cabris, agitait l'épouvantail d'un quarteron de généraux à la retraite, menaçait de la chienlit et rappelait à ces veaux de français que rappelant si la ménagère qui voulait le progrès elle refusait la pagaille. Les citoyens, assis devant l'écran noir et blanc du téléviseur, retenaient attentivement ces sorties, les commentant le lendemain à l'atelier ou au bistrot, avec un mélange de respect amusé et de fierté mal placée : ils avaient su se donner un chef dont un peu de l'esprit et de la qualité des saillies rejaillissaient sur eux. Macron et ses boys en ont peut-être gardé le souvenir à moins que quelque communicant leur ait conseillé d'user de ce genre d'"élément de langage" pour rappeler les saillies gaulliennes et, par là, apporter un peu de lustre et d'autorité à la pauvre marionnette qui s'empêtre dans des fils trop grands pour elle. S'il s'agissait effectivement de contrebalancer le sentiment de mépris hautain dénoncé par les gilets jaunes, la "carabistouille" risque de faire un flop et au contraire d'accentuer la sensation d'être méprise, ce dont au passage, je me contrefiche, tant on y sent l'affectation un brin hautaine de la Cour et la volonté affichée mais qui reste artificielle d'être proche du peuple, de faire populo. Macron dont l'expression est une illustration de la politique qu'il mène en faveur de la classe dominante, reste très éloigné des préoccupations et des espoirs d'une majorité de citoyens de ce pays. Macron, un fake président au vrai pouvoir de nuisance.  

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