Ch. cellule de soutien psychologique désespérément

Vision d'horreur, les J.O. ne sont pas attribués à la ville de Paris. Une cellule de soutien psychologique est alors convoquée pour apporter du réconfort à chacun, élu, sportif, annonceur et spectateur, tous profondément traumatisés. Un rêve (hélas), dissipé au matin. Et l'épisode Johnny ? Si la cellule psychologique Médias-Macron n'avait pas fonctionné, le pire était à redouter.

Soyons sérieux, que des enfants et des jeunes puissent ressentir l'horreur de se trouver dans un véhicule accidenté, qu'ils en soient bouleversés, se retrouvant confrontés à la réalité de la mort, est parfaitement compréhensible. Ou bien quand les morts sont des voisins de table ou des camarades de classe, des visages croisés dans la cour, au foyer ou sur un stade, la tristesse et l' abattement, l'inquiétude et l'injustice devant ces sales coups du sort qui pourraient nous arriver, autant de pensées noires qu'il est logique d'avoir et dont il importe de parler avec un proche. Mais ensuite … l'inévitable cortège en tee-shirt blanc (en plein hiver, bravo) une bougie à la main, où l'on viendra déposer qui, un nounours, qui quelques lignes, qui un bouquet de fleurs, en guise de catharsis obligée pour « faire son deuil » comme ils disent. . Les vivants non plus ne sont pas épargnés par l'idéologie ambiante.

Et l'on voit enfin débouler une de ces désormais inévitables "cellule de soutien psychologique". Pour rassurer des parents qui auraient à ce point perdu la capacité d'écouter attentivement leurs rejetons, d'échanger, de dialoguer avec eux qu'il leur faille déléguer (se décharger, abandonner) cette compétence aux « professionnels" ? Jeune, après les "coaches" et les "relookers", voici donc un métier d'avenir, « cellule de soutien psychologique ». Imaginons... une émission télé où Mireille Dumas fouillerait l'intime des entrailles d'un de ces membres sorti d'une cure psy. Ou encore Elise Lucet enquêtant sur le trafic de subventions versées au psycho-business. J'entends déjà les commentaires (merci à S. Reggiani). Comment faire face au flot ininterrompu de scènes d'horreurs sur internet et à l'omni-présence anxiogène des bulletins info puisqu'ils sont une grande partie du problème et comment éviter que les jeunes spectateurs soient traqués jusque dans leurs chambres. Facile … commençons par domestiquer notre rapport aux chaînes d'info et aux réseaux sociaux puisqu'ils amplifient les problèmes ad nauseam. Facile mais pas gagné si j'en crois la réflexion faite il y a quelques années déjà par un charmant bambin d'à peine six ans découvrant sa chambre de colo : « c'est nul ici ! chez moi, j'ai une télé dans ma chambre».

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