« Les gens » …  la victoire se dessinant chaque jour davantage, il était urgent que vous preniez connaissance d'une série de mesures que je prendrai dès que Ma Victoire sera proclamée par ces empaffés de présentateurs ( noter : se calmer impérativement) . Mon agenda

  • Je nomme Hollande ambassadeur au Venezuela. Il apportera ses lettres de créances en pédalo (mon côté écolo). Quelle vengeance !

  • Le soir de Ma Victoire, discours hologrammés sur estrades sonorisées dans les rues, sur les places, devant les statues et les stations de métro. Privilégier « Simon Bolivar » et « Maximilien Robespierre ». En cas de pénurie, rebaptiser illico une ou deux gares parisiennes ou des aéroports.

  • Réunion des chefs d'état européens : emporter ma panoplie de dompteur pour affronter Merkel. Plus quelques paires de gants de boxes (demander lles siens à B. Masure).

  • Grand Chantier du Septennat : informer préalablement « les gens » que je rétablis le septennat. Dépenser tant d'énergie pour régner cinq ans seulement, serait ridicule.

  • Grand Chantier du Septennat (suite) : je réquisitionne les locaux des solférinistes pour les transformer en logements et bureaux accueillant les responsables de Mon Mouvement. Le plaisir de contempler les faces de rats des sociaux-traitres fera oublier l'exiguité des locaux.

  • Transformer Mon mouvement « La France insoumise » en « Ma gauche Singulière ». Semer des graines d'insoumission, n'est jamais très prudent.

  • Gastronomie ( à la soupe ) : reprendre les recettes de Mitterrand, mon maître. Il avait en son temps, fait disparaître le PCF, je devrais arriver à faire pareil avec les socialistes puis avec ces rigolos d'écolos et ce qu'il reste des cocos. Réserver quelques demi-maroquins et circonscriptions perdues d'avance et des invitations à la garden-party du 14 juillet. Ca les calmera/ Prévoir quelques décorations pour les lèche-culs toujours partants.

  • Annonce de Ma Démission : la seule erreur de campagne mais quelle erreur ! Je l'ai trop claironnée pour reculer. Cependant, il n'est pas question de laisser une équipe de jeunes branleurs idéalistes (et ambitieux) tout foutre par terre. Pour cela, un mouvement en deux temps. J'annonce d'abord Ma Démission puis dans la foulée, je Me nomme « Père de la Nation ». Un côté honorifique et «  vieux sage » qui me plaît bien. Ne pas oublier de faire voter les pouvoirs de ce poste : ceux d'un premier ministre discret et d'un président du conseil constitutionnel. Bien joué Jean-Luc.

  • Liste des jours fériés : la fête nationale de Ma République pourrait être célébrée le jour anniversaire de Maximilien à moins de choisir le jour de la victoire du « non » au référendum de 2015. Organiser un référendum citoyen et des assemblées participatives, ça occupera les foules.

  • Politique étrangère : ce blanc-bec de Macron a vendu aux médias (quels vendus !) un coup de fil à Obama. Trouver en urgence un chef d'état présentable avec qui poser pour les caméras. Fidel, Chavez ? Trop tard. Poutine ? Peut-être pas une bonne idée. Appeler Séguéla pour avoir son avis.

  • La retraite à 60 ans : On se calme. Des fois que des « mauvais esprits » aient envie de me l'appliquer.

  • Abstention électorale : récupérer les listes d'émargement de chaque bureau de vote. Comme il est certain que les abstentionnistes n'auront pas voté pour moi, on leur appliquera la déchéance de nationalité.

  • Programmes scolaires : vérifier que « l'Alliance Bolivarienne » est présente dans les programmes de français, d'économie, d'histoire et de géographie. Et ce, dès l'école primaire.

  • Santé : déclarer le diabète grande cause nationale (le Sucre... oui, je sais)

     

    Samedi 22 avril 2017, vingt-trois heures. Demain sera une journée chargée mais sans doute victorieuse et à mon ego.

     

C'est alors que, François Hollande se réveille en sursaut. Pyjama froissé, draps trempés de sueur, encore un mauvais rêve. « Ras le bol de ces cauchemars à répétition », se dit-il. « En février, c'est Fillon qui me faisait cadeau de ses costards (et de Pénélope). En mars Le pen me reconduisait à la frontière et Benoît la Fronde me faisait loucher à reluquer à la fois du côté des écolos et des « insoumis ». La semaine passée, je rêvais que Brigitte M. remplaçait ma Julie G. Ce soir enfin, c'est l'insoumis en culotte de peau qui me tyrannise. Il ne manquerait plus que Valls m'invite à la création de son courant « Démocratie et 49.3 » ou bien qu'Aubry me fasse tenir un stand de la Fédé du Nord à la braderie de Lille. Heureusement, la sorcière Trierweller, a l'air d'avoir définitivement fait ses « Valoches ». En tout cas, vivement la quille » que je puisse à nouveau dormir en paix.

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