Adieu Mandalay (le film)

Le film du réalisateur birman Midi Z, sorti en DVD, décrit le sort ordinaire des "sans papiers" une fois franchi le fleuve-frontière avec la Thaïlande. Dans ce pays où l'esclavage est endémique, rançons, prostitution, racisme, mépris, exploitation éhontée, précarité et insalubrité sont leur lot quotidien. L'histoire se situe en Asie du sud-est mais elle pourrait se passer n'importe où ailleurs.

Un souvenir personnel, quelques heures de voyage en autocar pour me rendre dans le nord de la Thaïlande en compagnie, fortuite, d'une dizaine d'hommes de retour de quelques mois passés dans les émirats arabes. Ils racontent leur quotidien fait de corruption, de brutalité de la part des employeurs et de leurs hommes de main, de passeports confisqués les assignant à résidence jusqu'à la fin du contrat, de logements misérables et inconfortables, de la xénophobie et du mépris que leur porte la population locale. L'esclavage qui se porte bien dans cette partie du monde, n'est pas très loin. Encore ceux-ci avaient-ils permis de travail et papiers en règle. La misère, l'absence de perspectives d'amélioration de leurs conditions de vie leur faisaient accepter cet exil pour pouvoir acheter l'indispensable réfrigérateur, pour élever d'un étage une maison devenue trop petite, pour installer un toit qui résistera aux tempêtes tropicales, pour payer les études du garçon (plus que des filles), pour payer les soins des parents ou encore pour la dot que doit verser qui veut se marier.

Cet exode vers les pays du golfe existe toujours mais désormais c'est un flux important de travailleurs immigrés cambodgiens, birmans, laotiens ou vietnamiens, avec ou sans papier qui tentent leur chance dans la Thaïlande voisine. Ils grossissent les rangs des exploités des bidonvilles de Bangkok et d'autres grandes villes du pays. "Adieu Mandalay" traite de ces parcours et décrit les difficultés, les rackets et les dangers auxquels sont confrontés deux jeunes gens originaires de Mandalay, une ville importante du Myanmar. Que ce soit lors du passage de la frontière puis sur la route qui les conduit à Bangkok, nombreux sont ceux qui profitent de la manne financière constituée par des immigrés sans défense parce qu'hors la loi. Passeurs, armée,  police, responsables de communautés villageoises et compatriotes sans scrupules, tous rançonnent la bête. Les promesses d'emploi, de vrais faux certificats, ne sont jamais tenues. Pour ne pas risquer l'expulsion, ils sont contraints de se cacher et pour trouver un emploi (très) mal payé et précaire, il leur faut intercéder (entendre graisser la patte) auprès d'un intermédiaire qui les adressera à un possible employeur moins regardant que d'autres sur leur situation illégale. Une situation rencontrée sous d'autres latitudes. La vie à Bangkok leur réserve des chambres exigües et étouffantes qu'il faudra partager avec d'autres compatriotes avec lesquels la cohabitation n'est pas toujours harmonieuse, des ateliers étouffants dans lesquels le slogan national "safety first' ne passe pas la porte et le code du travail bien que peu contraignant relève du mirage. Le film montre des femmes plus rationnelles, plus combatives que les hommes et qui ne se laissent pas détourner de leur objectif, envoyer de l'argent à la famille (le racket des sociétés d'envoi) et rentrer au pays avec  un pécule. Pour y arriver, la prostitution peut-être un passage sinon obligé, du moins plus rapide. Les "touristes sexuels" à la conscience tranquille et leurs agents de voyage au sourire entendu, devraient regarder la scène saisissante dans laquelle l'héroïne accepte de subir ce qui au fond n'est rien d'autre qu'un viol rémunéré (quand on n'a pas le choix). Avec le durcissement des lois contre l'immigration illégale et la chasse aux sans papiers, Un souvenir personnel, quelques heures de voyage en autocar vers le nord de la Thaïlande en compagnie, fortuite, des travailleurs rentrant de quelques mois passés dans un des émirats arabes. Ils racontent leur quotidien fait de corruption, de brutalité de la part des employeurs et de leurs hommes de main, de passeports confisqués les assignant à résidence jusqu'à la fin du contrat, de logements misérables et inconfortables, de la xénophobie et du mépris que leur porte la population locale. L'esclavage qui se porte bien dans cette partie du monde, n'est pas très loin. Encore ceux-ci avaient-ils permis de travail et papiers en règle. La misère, l'absence de perspectives d'amélioration de leurs conditions de vie leur faisaient accepter cet exil pour pouvoir acheter l'indispensable réfrigérateur (sous ces latitudes), pour élever d'un étage une maison devenue trop petite, pour installer un toit qui résistera aux tempêtes tropicales, pour payer les études du garçon (plus que des filles), pour payer les soins des parents ou encore pour la dot que doit verser qui veut se marier. Cet exode vers les pays du golfe existe toujours mais désormais c'est un flux important de travailleurs immigrés cambodgiens, birmans, laotiens ou vietnamiens, avec ou sans papier qui  viennent tenter leur chance dans la Thaïlande voisine. Ils viennent grossir les rangs des exploités des bidonvilles de Bangkok et des autres grandes villes du pays. "Adieu Mandalay" traite de leurs parcours. Il décrit les difficultés et les rackets auxquels sont confrontés deux jeunes gens originaires de Mandalay, une ville importante du Myanmar, lors du passage de la frontière et tout le long de la route qui les conduit à Bangkok. Chacun profite en effet de la manne financière que constituent ces immigrés sans défense parce qu'hors la loi. Passeurs, armée,  police, responsables de communautés villageoises et compatriotes sans scrupules, tous rançonnent la bête que ce soit lors d'un contrôle d'identité, pour fabriquer de faux certificats qui n'arriveront jamais ou qui seront sans valeur, pour intercéder auprès d'un possible employeur moins regardant que d'autres sur leur situation illégale ou pour trouver un logement insalubre. La vie à Bangkok leur réserve des chambres exigües et étouffantes partagées avec d'autres compatriotes, des ateliers étouffants dans lesquels le slogan national "safety first' ne s'applique pas et dans lesquels l'application d'un code du travail déjà le plus souvent ignoré pour les locaux, relève du mirage. Les film décrit des femmes plus rationnelles, plus combatives que les hommes et qui ne se laissent pas détourner de leur objectif, envoyer leur paye à la famille puis rentrer au pays avec  un pécule. Pour cela, la prostitution peut-être un passage sinon obligé, du moins plus rapide. Que les "touristes sexuels" à la conscience tranquille et leurs agents de voyage au sourire entendu, prennent la peine de regarder la scène saisissante dans laquelle l'héroïne accepte de subir ce qui au fond n'est rien d'autre qu'un viol rémunéré (quand on n'a pas le choix ...). Avec le durcissement des lois contre l'immigration illégale et une chasse aux sans papiers renforcée, la dictature militaire au pouvoir a rendu leurs conditions encore plus dures, plus précaires et plus dangereuses. Ce qui permet à n'en pas douter aux intermédiaires véreux, aux représentants corrompus des forces de l'ordre (presqu'un pléonasme) et aux patrons sans pitié d'augmenter leurs profits. Ce film m'a remis en mémoire les comportements particulièrement ignominieux de certains thaïlandais qui ont emprisonné pendant l'été 2015, des rohyngiyas birmans fuyant les massacres. Emprisonnés dans des camps d'infortune situés dans des forêts du sud du pays, ils servirent de vaches à lait à des pirates thaïlandais, quelquefois douaniers ou militaires. Racket, prostitution, mariages forcés, esclavagisme ... avaient lieu dans ces camps, souvent à proximité de communautés villageoises dont certains habitants ont confessé par la suite, avoir deviné ou avoir été au courant de ce qui avait lieu dans ces camps. Par crainte ou par intérêt personne n'a rien dit. Les livres d'histoire, récente ou plus ancienne, sont hélas remplis du récit de semblables complicités plus ou moins actives. 

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