Soir de foot sur les Champs

Sur les Champs Elysées, un soir de foot et sur un air de violences et de circulation virale, les masques tombent. Les cons finis ne sont pas seulement ceux qu'on croit. Pas une ligne dans les colonnes de Mediapart pour ce qui n'est pas seulement un fait divers.

Les médias se sont jetés avec un bel ensemble sur les troubles qui ont eu lieu sur les Champs Elysées parisiens, un soir de match de foot qui se disputait pourtant à 1 500km de là. "Le foot, c'est magiiique !" La mairie de Paris pleurniche, arguant qu'elle avait pourtant évité les "fan zone" et que les écrans géants étaient restés sagement dans leurs cartons tout en déplorant que les supporters n'aient pas l'esprit sportif. Faut-il mettre un carton rouge aux excités du ballon rond ou aux irresponsables des "autorités". En fait, c'est la recette elle-même, le rassemblement de masse, qui est indigeste qu'il soit sportif ou culturel, il provoque immanquablement les mêmes effe(s. Peut-on un seul instant supposer que proposer à des centaines de jeunes gens, chauffés par l'escalade médiatique et celle des réseaux sociaux de se regrouper dans un petit périmètre, ne provoque pas ce genre de comportements ? Comment croire que les mesures de protection sanitaires soient respectées alors que les bars et leurs écrans rassemblent un public surchauffé et pour qui le foot s'est imposé comme une distraction majeure, un moment de liberté, une échappatoire à un ordre insupportable ? Violences et mesures de protection sanitaires non respectées, tout était écrit d'avance. On peut tout autant remplacer "match de foot" par "concert de Johnny" ("on a tous en nous quelque chose du covid"? ). Un esprit simplet et complotiste ne pourrait s'empêcher de se penser que les questions de santé publique cèdent le pas devant les intérêts financiers et le recours nécessaire à ce genre de soupapes pour que la population accepte son écrasement par l'autoritarisme de la classe dominante. Une recette  inchangée depuis l'époque où un copain qui causait latin lançait son "panem et circenses", une formule qui a fait le bonheur de tous les César et apprentis. Le nouvel et immanquable épisode d'enfermement sanitaire qui se profile représente une occasion "en or" pour les comiques au pouvoir de programmer l''enfermement perpétuel, le retour", mais plus local, concocté dans l'espoir de confiner les colères populaires tout en s'attachant à maintenir au mieux la productivité. Délicat équilibre qu'on espère casse gueule pour le gouvernement tout en craignant une rentrée davantage confinée que chaude doon il est certain qu'elle sera une nouvelle occasion de saccager encore un peu plus nos vies. Cet événement pose une nouvelle fois la question de l'instrumentalisation, de la pertinence et de l'intérêt d'organiser des événements sportifs et culturels de masse et incidemment, celle du professionnalisme, sportif et artistique également. La bonne nouvelle de la soirée, il en faut bien une, est celle du saccage de la boutique du club de foot qatari. Pour terminer cette interrogation : sait-on si les joueurs de foot, allemands, ont passé "le" test et ont subi une quarantaine sanitaire de retour chez eux comme les autorités allemandes l'ont demandé à d'autres vacanciers après qu'ils aient côtoyé des représentants de la zone à risque que sont l'Ile de France, le parc Mickey et les plages du littoral. Vivement les jeux olympiques d'Hidalgo qui nous promettent de chaudes soirées en perspective pour célébrer dans la liesse et la bonne humeur les médailles obtenues par la Patrie dans l'épreuve "Fichage et flicage" où la France fait habituellement merveille. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.