Lyon-Turin, victoire du coronavirus ?

Découverte majeure dans la lutte contre le covid-19, l'air de Lyon terrasse le virus. Comment expliquer autrement qu'un match de foot ait été autorisé, supporters italiens(*) et lyonnais voisinant dans les tribunes comme dans les rues de la ville ? Personne n'imaginerait que cette décision ait été prise pour éviter la perte de rentrées financières.

Il ne s'agit pas de "fermer les frontières" mais de s'étonner que des mesures de prudence élémentaire n'aient pas été prises, par exemple, éviter des rassemblements de foule superflus puisqu'il semble que si ce virus ne présente pas une dangerosité extrême, il est en revanche très contagieux et les européens, dans leur très grande majorité ne posséderaient pas d'immunité.     

Veinards de lyonnais, une découverte capitale paraît avoir été franchie dans la lutte planétaire contre le covid-19. Un élément neutralisant le virus made in Wuhan semble en effet, être présent dans la capitale des Gaules. L'espoir d'une guérison explique pourquoi des turinois se sont embarqués dans des autocars en direction du stade lyonnais, l'endroit où l'efficacité  rétrovirale serait à son maximum. Pour quelle autre raison, la rencontre sportive-prétexte aurait -elle été maintenue ? Les pouvoirs publics n'oseraient pas risquer la santé des habitants pour des questions financières, de droits télé, de billetterie, paris en ligne et autres produits annexes. Les séjours à Lyon seront-ils désormais  remboursés par l'assurance maladie ? L'olympique lyonnais remportera-t-il le match contre l'eau bénite de Lourdes ? Quoiqu'il en soit, pèlerins, il est prudent de réserver au plus vite votre séjour dans les traboules. En cas de miracle, la pénurie sera au rendez-vous. La France, fille aînée de l'église est capable de tout, même d'arrêter la progression du coronavirus, d'ailleurs, on ne lui a pas délivré de visa. L'histoire rappelle celle des perfides et redoutables atomes soviétiques de Tchernobyl boutés hors de France par les contrôles douaniers aux frontières. C'est sans doute la raison de l'assurance dont fait prpreuve le nouveau ministre de la Santé lorsqu'il déclare à l'Express du 24 février " il n'y a plus aucun malade en France", allant jusqu'à précisant le 26,  "il n'y a pas d'épidémie en France". Me voilà rassuré, bien que la présence de supporters arrivant d'un pays qui a pris des mesures strictes de confinement dans certaines régions, questionne le candide que je suis. Pendant ce temps, dans son antre du Parc olympique,  Monseigneur Aulas, évêque du foot, doit préparer des flacons d'air lyonnais pour les vendre à la mi-temps. Merveilleux capitalisme ! qu'il s'agisse de santé, de conquêtes sociales ou d'environnement, il retombe toujours sur ses pieds, quitte à nous délivrer quelques tacles assassins dans la seule perspective d'atteindre son but, générer toujours plus de profits pour ses ayant droits. Les électeurs de s'extasier en soutenant la casaque de leur équipe et en criant "Goooaaal ! Les forces du profit à tout prix et de la cupidité viennent de marquer un but. Contre notre camp.

(*) il n'est nullement question ici de designer un quelconque bouc émissaire mais de s'interroger sur des décisions pour le moins surprenantes alors que la prudence imposerait quelques précautions. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.