Le sport, c'est (pas très bon pour) la santé

L'addiction aux opiacés anti-douleurs délivrés par des medecins provoque de nombreux morts aux USA. Les autorités s'attaquent aux laboratoires qui les commercialisent et aux praticiens qui les prescrivent un peu trop facilement. Mais ils ne sont pas les seuls responsables

 il est ici question de sport, pas d'activité physique. La caméra filme les larmes qui coulent sur les joues d'une femme. Son fils, étudiant, est mort récemment d'avoir consommé trop d'anti-douleurs. L'addiction à ces opiacés est aujourd'hui dans le viseur des autorités américaines, inquiètes de l'augmentation du nombre de morts. Ils furent soixante mille en deux mille seize. Les responsables ? Les laboratoires, leur lobbying, la trop grande complaisance des médecins prescripteurs à leurs arguments et les erreurs de dosages. Mais qu'est-ce qui a conduit ce fils à consommer autant de ces medicaments anti-douleurs ? La réponse se trouve dans le salon de ce logement d'américains moyens. Une photo encadrée sur laquelle un jeune homme, le fils, dans une tenue de footballeur. Or, les chocs dans le football américain sont, on le sait, d'une violence inouïe. Traumatismes osseux et articulaires, musculaires ou ligamentaires, s'en suivent et entre les entraînements, les camps d'avant saison et les matches, ils sont nombreux et leurs traces marquent durablement les corps malmenés. Pour calmer les douleurs et espérer participer à la compétition, voire pour trouver le sommeil, la prise d'analgésiques devient indispensable. Mais le football américain n'a pas l'apanage de pareilles séquelles et les gymnastes, les tennismen, les coureurs sur route, les handballeurs, basketteurs ou volleyeurs, professionnels comme amateurs, portent également les conséquences des chocs répétés traumatisants. Pourtant, à  aucun moment, le reportage n'évoquera la responsabilité de la pratique sportive qui peut être à l'origine de certains de ces décès. Les intérêts financiers et ceux des fédérations (souvent les mêmes ) seraient-ils trop importants sans compter la mauvaise publicité pour les jeux olympiques. 

 

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