Quelques raisons au succès de la grève des élections

Ce billet est dédié aux experts, politologues et sondeurs qui sévissent sur les médias qui dissertent sur une abstention qu'ils devraient appeler "grève des élections ". Une révolution ? Non, sire, une révolte.

"Il pleuvait", "il faisait trop froid", "il faisait trop chaud", "la Samaritaine a rouvert ses portes", "les jeunes n'ont pas d'éducation politique", "les électeurs ne comprennent pas les enjeux des régionales " ( faut pas leur demander de voter), " "Deux scrutins, on s'y perd", "C'est la faute au confinement. "C'est la faute à l'euro de foot", "c'est la faute au tour de France ", "les dates des élections étaient mal choisies. "Emmener les gamins dans l'isoloir dès leur plus jeune âge", "Faudrait rendre le vote obligatoire", "Et le vote électronique ?", "Les représentants des partis sont hors sol", "Les électeurs ont une attitude de consommateurs.." En revanche, pas un n'a suggéré qu'il s'agissait d'une démarche politique , que ce système fondé sur la délégation de pouvoir, des mandats trop longs, des thèmes de campagne instrumentalisés notamment par les médias, des politiques qui semblent impuissants voire à la botte de groupes extraterritoriaux, pourraient représenter quelques une des raisons qui ont déclenché cette grève des élections. Pour terminer, ces mots d'un jeune du PS (si, ça existe ) " à la fin, c'est les élus qui décident". Ils ont encore une fois tout compris au PS. A propos de listes de gauche, Il est possible qu’il ait manqué un peu de temps pour installer cette campagne d’union de second tour" prévenait Caire Lejeune, une candidate EELV douée d'une étonnante perspicacité. Ça et le trio de têtes d'affiche , le bcbg Bayou, Anne Pulvar et Autain, son père, Yvan n'aurait pas dépareillé, deux atouts qui auraient dû valoir la victoire à l'union fragile de cette gauche. Ils sont déjà tournés vers la prochaine ligne d'arrivée de l'élection présidentielle, à l'exemple des experts, des politologues et des sondeurs qui nous en expliquent le déroulement et les résultats, craignant sans doute de perdre leur bifsteack. La question est aussi et surtout de savoir ce que nous, les refuzniks de la pantalonnade électorale, allons-nous faire après avoir multiplié ces gestes de protestation.    

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.