Attestation dérogatoire de gouverner

Il est fait appel à la responsabilisation des français et à leur adhésion à des mesures d'emprisonnement sanitaire décidées verticalement et sans concertation comme l'obligation de présenter une attestation dérogatoire de déplacement qui n'est rien moins qu'une mesure infantilisante. Un exemple de la compétence et de la cohérence développées au plus haut niveau de l'état.

Un confinement, ça va, deux confinements, bonjour les dégâts, surtout quand c'est relativement inefficace. Alors que tout est mis en oeuvre dans tous les secteurs et à chaque moment pour infantiliser, déresponsabiliser, limiter la citoyenneté des français et en diminuer l'autonomie, ce gouvernement, débordé de toute part, demande une adhésion enthousiaste et volontaire aux demi-mesures prises "au nom du peuple français" qui ne semblent pas pertinentes sur le plan sanitaire mais dont il faudra pourtant à la fin, régler une note qu'on annonce salée. Dans cette perspective, l'obligation de présenter une attestation de déplacement dérogatoire en cas de sortie extérieure est une brimade supplémentaire qui relève de l'incohérence et du foutage de gueule. Une fois de plus, c'est à la peur du gendarme plutôt qu'à l'intelligence et à la raison qu'on fait appel. A juste titre, des fois qu'on prenne de mauvais habitudes. On voit le peu d'estime dans laquelle ce pouvoir nous tient et le peu de cas qu'il fait de nos personnes. Macron, toi qui aimes tant te livrer à des rodomontades, tu sais ce qu'il te dit le peuple français ? Des comportements transgressifs plus nombreux pour cette saison 2 et instrumentalisés (ou non) par une certaine extrême droite, devraient envahir les réseaux sociaux. Le prochain déconfinement ne devrait donc pas atteindre ses objectifs sanitaires et pire, avec Castex à la baguette, être suivi d'un déconfinement autant mal préparé qu'inadapté. Pauvres petites choses ballotées, la chanson de la prolongation de ce deuxième enfermement sanitaire et les DJ des chaînes de "news" murmurent mezzo voce qu'il faut nous préparer à boire le calice jusqu'à l'hallali sous la forme d'un probable troisième emprisonnement at home. Allons-nous accepter que le confinement, ce tube de l'automne moyennement efficace fasse un succès à l'hiver et au printemps prochains ? Da capo et ad lib pour ce qui ressemble à une méthode de gouvernement,  présentant l'avantage de sauver certaines apparences (lesquelles ? ) tout en fourrant la classe dangereuse au violon. Lors de l'avènement de Macron, je m'étais risqué à pronostiquer Monsieur Thiers placé, sinon gagnant, alors que la moutarde commençait à peine à nous monter au nez. Depuis, il y eut la chasse aux Gilets Jaunes, les scènes de castagne, la casse sociale, les errements, les atermoiements, les dissimulations, les incongruités et les mensonges qui ont particulièrement fleuri (c'était le printemps ) depuis le début de l'année 2020. Autant de raisons pour lesquelles, il urge de changer de tempo, de partition et pas seulement de conducator. Si un état d'urgence doit être appliqué, c'est pour confiner la musique dodécacophonique à la mode du libéralisme qui casse depuis trop longtemps les oreilles même les moins mélomanes. Il faut retirer à ces chefs improvisés leur permis de conduire un pays. Ils dépassent la mesure, ne tenant compte que des solistes alors que si une symphonie peut être jouée c'est parce que les anonymes jouent leur partition, dans la fosse. Au violon (1) Macron et ses petits rats trop alléchés par le fromage et les attributs du pouvoir ! Nous acceptons depuis trop longtemps qu'ils mènent l'orchestre vers un naufrage titanesque programmé. Ces jean-foutre qui s'arrogent le droit de tout décider en notre nom au prétexte de leur omni-compétence, n'ont toujours pas reconnu leur ignorance et leurs lacunes, toutes choses qu'on peut comprendre mais pas quand elles sont répétées par des esprits obtus, autoritaires et partisans. Persevare etc diabolique quand les détails sont ceux qui conditionnent nos existences. A eux de présenter des autorisations dérogatoires et temporaires de  gouverner. Pour paraphraser Ferré, "gouvernants, vos papiers !" En attendant qui peut croire que Macron porte intérêt à la situation sanitaire en France sinon parce qu'il redoute le jugement des chiffres. En effet, sa décision d'appliquer une peine de semi-liberté à soixante dix millions de personnes pourrait s'expliquer par la crainte de procès et d'un mécontentement du Cac40 à son endroit. Comment justifier autrement que des entreprises comme le Btp ou la construction automobile soient autorisées à poursuivre leur activité quand il est interdit aux cinémas et aux librairies de poursuivre les leurs, ce qui pose la question de savoir ce qui relève du concept de "première nécessité". Une appréciation toute relative sauf pour ce qui concerne ce (les) gouvernement(s) qui, eux, ne le sont pas de première nécessité.

(1) promis j'arrête là, histoire de finir en fanfare 

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