Macron, marquis ensanglanté !

Le vrai visage de la France minuscule et triomphante, c’est celui de Maginot et de la shlague, celui de Denard et de Barril ; c’est ce jour le derrière de Macron, le visage de Benalla !

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Le régime en place a beau se planquer derrière un chérubin dont le cynisme n’égale que la fatuité, il assume et appelle la société future telle que la rêvent les pires fripouilles, adeptes de la brutalité sans vergogne. Une brutalité volontiers souriante (sourire de fausset qu’admirent les dévots) qui n’a que faire de l’équilibre social, de la communauté humaine, de la décence. La responsabilité des crimes, avec ou sans sourire, est avérée. Mener une politique inégalitaire est criminel. Rejeter à la mer des migrants est criminel. Empêcher toute opposition réelle à force de répression par tous les moyens (dont les milices, inavouées, mais de fait) est criminel. Tout faire pour conforter sa caste et lui assurer une domination indémontable est criminel.

Il suffit d’entendre le discours d’Emmanuel Macron à Nouméa en mai dernier pour saisir à quel point c’est à travers lui l’etablishment qui parle. Pour saisir à quel point l’ère colonialiste, en dépit d’un faux repentir, n’est pas éteinte et que même elle bat son plein. Un homme qui s’autorise à dire à un peuple « Je crois que j'ai un peu appris à vous connaître à l’issue de ces trois jours » devrait-il être pris au sérieux ? (à propos de la Nouvelle Calédonie, cf. Le noir vote blanc)

Ne voient en lui un génie que les bien pensants et les amorphes, tous fabriqués à la chaîne par le conformisme stérile qui prévaut, et l’égoïsme triomphant. Ne voient en lui un chef comme il faut que ceux qui n’ont pas osé voter Le Pen par peur de se salir, mais qui en partagent l’ensemble des convictions, des préjugés et des réflexes.

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Le sang des Malgaches massacrés, le sang des Algériens massacrés, le sang des manifestants massacrés, le sang de Sankara, le sang de Machoro, le sang d’Adama Traoré (cf. ici), le sang des noyés en Méditerranée, le sang du Rwanda, le sang de Saint-Domingue, le sang de la Commune, le sang d’Aboubakar Fofana, le sang des étouffés sous le bâillon de l’ordre-prétexte-républicain, le veston des présidents de France est maculé de sang. Le veston de Macron est maculé de sang. Le veston du jeune marquis est collant de sang et de rance.

Le crime organisé ne tue pas que par plaisir – mais à l’occasion il jouit et se rengorge de sa puissance –, il a ses nécessités comme il a ses mœurs, ses rondeurs, ses séides, ses tapis soyeux sous lesquels s’entassent les victimes. Vous ne le saviez donc pas, Benalla est le vrai président, l’autre n’est qu’un amuseur, un derrière chantant ; le vrai visage du régime, c’est celui de Benalla. Brute épaisse qui se défoule en manif en ses moments de détente. Avec l’appui à peine dissimulé du préfet Strzoda, fort lui aussi de ses faits d’armes, notamment en Bretagne : mensonges et répression sans scrupules (d’où sans doute sa récompense, sa place actuelle de directeur de cabinet du président Macron).

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Le vrai visage du régime, c’est la matraque et le flash-ball, la grenade de désencerclement, c’est le canon Caesar et l’avion Rafale, c’est l’industrie de surveillance et de ciblage, la guerre de l’uranium (Niger), la bataille pour l’irradiation minimale acceptable (Tchernobyl, Japon, Cotentin, etc.), l’empoisonnement par l’agriculture (!) et la bêtise. Le vrai visage de la France minuscule et triomphante, c’est celui de Maginot et de la shlague, celui de Denard et de Barril ; c’est aujourd'hui le derrière de Macron, le visage de Benalla !

 

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