Un salut à Jimmy Gladiator !

C’est bizarre, disait-elle./ C’est toujours bizarre sans toi, répondait-il.

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Avant de laisser derrière soi ce mois printanier, juste quelques mots pour saluer Jimmy Gladiator, qui, le 10 avril, a laissé son ombre derrière lui.

C’est une figure de la poésie et de l’anarchie, un « urlator » comme il disait, qui s’en est allé. Auteur de nombreux livres, dont Les ossements dispersés (éditions L’embellie roturière, 1994), premier titre qui me vient en tête, ou encore Éléphants de la patrie (Libertalia, 2008), il a été aussi un animateur de revue plein de force et d’humeur. Je pense au Melog, à la Crécelle noire, à Camouflage, à Hôtel Ouistiti, à Au libre Olibrius, qui des années 1970 aux années 1990, ont regroupé de nombreux auteurs et artistes, souvent de veine surréaliste ou compatible. Quelques noms : Esther Moïsa, Guy Girard, Jehan Van Langhenhoven, Alice Massénat, Pierre Peuchmaurd, Pavel Reznicek, José Galdo, Louis-François Delisse, Marie-Odile Gain d’Enquin, etc.

« Tel un Indien debout dans la jungle des mots, ne flanche pas, n’abandonne pas, reste FOU, PUR et COMBATTANT, car nous t’aimons fraternellement au travers des Blessures qui nous lient. » lui écrivait, de Genève, Griselidis Réal en 1999 (in revue Pris de peur n°10).

 

Sale temps, exaltant ?

Quelle heure ? Rose, comme un bouillon. Un houillon. Comme un charretier. Bleu. Fesses crépues, à la bourre. Du gros tabac. À se rouler les moustaches, à demain ? Bouillon ? Gros ? Au ravin, croisades et luzernes. Au loin, le vin. À peine. Quel jour ? Bon, il y toutes les flèches à épiler. Cactus et Saint Étienne, putain ! il y en a pour des plombes, le matin. Faudrait dormir, sans un regard, sans le hasard, aux étoiles dans le plomb. Onze heures. Et pêcher des truites à la main. Demain ? L’aile froide, l’aile détruite. La quadrature du cercle : être rond dans un lit au carré. T’oublier, t’oublier, t’oublier. Passera le laitier, grossira la patate. Dormir. Traire. Dans les dents. Ton sourire dans la paume, le soupir et les flaques. Oublier. Blanches et paumées. À poil et à vapeur. Crise là-bas. Ou bien rose. Mais non, mais non.

Jimmy Gladiator
(i
n revue Pris de peur n°10)

 

Tu me manques, lui disait-il, quand il la voyait.
Je suis toujours avec toi, répondait-elle.
Alors, la valse rouge, le rock d’enfer, le slow de l’ange.

C’est bizarre, disait-elle.
C’est toujours bizarre sans toi, répondait-il.

Jimmy Gladiator
(i
n Les ossements dispersés)

 

On peut aussi lire sur le site Les Influences ici

ou sur le site des éditions Libertalia

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