LES ULTRA-RICHES, EN VIEILLISSANT, ONT PEUR DE NE PLUS ÊTRE EMBRASSÉS!

Valéria Bruni Tedeschi "Je crains de ne plus aimer en vieillissant, de ne plus être embrassée"....

Ce matin j'écoute sur France-Inter (chez Augustin Trapenard) Valéria Bruni Tedeschi qui parle de son dernier film " Les estivants", une sorte d'auto-fiction où l'humour contrebalance une profonde amertume...

Et voila qu'Augustin Trapenard pose la question très  "chancellienne" : "Que craignez vous le plus en vieillissant?"

La réponse jaillit avec le ton timide, mal  assuré et coloré d'accent italien qui caractérise la belle Valéria "Je crains de ne plus aimer en vieillissant, de ne plus avoir personne à qui donner des baisers!" (je donne approximativement, de mémoire, cette réponse).

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J'ai toujours quelque appréhension avec cette jolie actrice à parler du monde dont elle est issue, un monde richissime d'industrie, mâtiné du talent de véritables artistes (son père compositeur d'opéra, notamment)... Car je l'admire, elle, dans ses engagements et ses choix... C'était donc ce que répondait, ce matin, à la question fourre-tout et clichée de Trapenard, la belle-soeur de Nicolas Sakozy!

Voila donc: la peur de ne plus aimer, la peur de ne plus embrasser! C'est la crainte que recèle l'avancée dans le temps de cette grande bourgeoise (car c'en est une également!)

Soudainement, en y réfléchissant, je m’aperçois que cette remarque de rien du tout révèle sans doute la manière de penser du milieu dont elle est issu. Loin de moi l'intention de généraliser une attitude à tous les représentants d'une classe... Rien en matière de classe n'est ontologiquement fixé!

Cependant.

Cependant à la lumière de l'actuel mouvement des Gilets Jaunes, sur les ronds-points toutes les personnes âgées que j'ai croisé et avec qui j'ai longuement parlé n'avaient aucunement cette crainte! Eux, justement ce qui les faisaient agir c'est l'obligation ressentie de l'injustice, des inégalités, des nouvelles générations condamnées par un système dont la principale charpente est l'égoïsme, l'individualisme, le pouvoir absolu (au sens des rois de droit divin de l'ancien régime)... Ce qui les motivait, et les motive encore c'est l'équité... Autrement dit l'amour du prochain (je sais cette expression est connotée "catho", mais quand une expression aussi belle est juste, bien qu'athée, je l'utilise!) Car demander justice pour quelqu'un que l'on ne connait pas c'est, qu'on le veuille ou non, donner de l'amour...

Dans ses films, cependant, qui se déroulent exclusivement dans les milieux qu'elle connait bien (à l'exception significative de son magnifique documentaire "Une jeune fille de 90 ans") , Valéria fait montre d'un recul ironique qui n'est, finalement, pas si loin d'une vraie critique de classe.

Oui l'amour se vêt aujourd'hui d'un Gilet Jaune, des sigles des syndicats égalitaires, de ceux des partis dits de la gauche extrême ou de la gauche "populiste"...

Et il est clair, par contraste que ceux qui accumulent de façon indécente des des richesses... Ceux qui soutiennent, défendent ou matraquent au nom des puissants afin d'entre-tenir et d'augmenter les inégalités ... Ceux qui repoussent les rafiots des immigrés et qui vont dans les Alpes, armés de fusils, barrer la frontière... Ceux qui tuent où jouent pour le plaisir sans tenir compte de la souffrance engendrée, fusse-telle celle d'animal... Tous ceux-là sont très loin de l'amour! Ils n'embrassent pas le monde... Ils ne servent que leur égoïsme!

Raisonnement simpliste me dira t'on... Car, rien ne les étouffent, même pas la malhonnêteté!

Mais, bon sang!, si dans le milieu des très riches on s'oppose aux revendications de base telles que : droit et moyens de vivre pour tous, pas d'écart de revenu supérieur à 15 fois le plus bas ce n'est certainement pas par amour! Celui qui, en contre partie, embrasse de telles revendications, lui embrasse l'humain... Tout simplement... Pas besoin de discours économiques à la noix, de sociologie à la mord moi le no.ud!

Celui-là, même pauvre comme Job, reclus chez lui par nécessité et n'ayant pas même la possibilité d'offrir à une compagne ou à un compagnon  une vie partagée d'où seraient excluent les affres d'une condition déplorable, celui-là aime et ne craint pas que son amour ne décline!

J'aime les syndicalistes, les politiciens, les gueux qui n'ont comme seule banque que la banque alimentaire... Ces gens de la "base" que Macron depuis le début de son mandat ne cesse de mépriser... Tous ceux-là qui n'attendent rien d'autre qu'un progrès collectif... Et qui ne tirent pas la couverture à soi, comme tous ces "arrivistes" qui prolifèrent hélas dans toutes les instances où un  petit pouvoir est à portée de lèche-culterie...

De ce point de vue les Gilets Jaunes constituent vraiment une bouffée d'air frais... Malgré les sbires casqués, armurés, armés d'outils massacrants il occupent les rues en riant... Car cette fête de la solidarité, sous les coups redoublés d'un pouvoir de plus en plus isolé et absolument détesté par une immense majorité raisonnable et sensible, est de plus en plus forte... Les égoïstes s'y sentent mal et la quittent... Les appareils¨après l'avoir dénigré tentent de s'en rapprocher... La fête de l'amour et de la paix gagne.... Nous sommes de plus en plus nombreux ...

Nous ne craignons pas de vieillir, de ne plus être aimés, de ne ne plus embrasser!

Pauvre Macron qui déjà vit une vieillesse prématurée de par son incurable cécité, son entêtement dans la destruction systématique de l'état solidaire... Donc de la démocratie!

Pauvre Macron qui sait que l'on ne l'aime pas... Que bientôt il n'y aura plus personne pour le respecter...

Qui bientôt, dans les pages des livres d'Histoire, rejoindra son pote Sissi dans l'enfer des dictateurs et des destructeurs de l'Humain!

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