Un platane, des platines

Du son des moustiques à celui du Harpon la distance est parfois moins grande qu'on ne le croit...

moustiquaire
Après deux nuits dans la chambre à me faire dévorer et peinturlurer à pois rouges, j'ai passé les suivantes dehors sous la moustiquaire. L'an passé Jean-Claude et Anny avaient installé un cadre en bois sur lequel accrocher le voilage parallélépipédique au-dessus du divan de la terrasse. Après l'avoir accroché on hisse le tout avec une corde grâce à une simili poulie suspendue à une poutre du toit. Les premiers jours nous avions l'impression de vivre dans le grill-pain tant les rayons du soleil étaient secs et cuisants. La nuit arrangeait à peine les choses. Vers deux heures du matin le petit vent frais me fait agréablement frissonner. Dommage que le matelas ressemble à une carte en relief comme on en trouve dans les salles de géographie. J'ai le dos en compote. C'est tout de même mieux que de se faire piquer non-stop. Les démangeaisons ne durent qu'un quart d'heure, mais il y en a tant qu'elles se tuilent au point de me transformer en insomniaque.

Insomnie sera le second morceau que nous jouerons ce soir à Arles avec la platiniste Amandine Casadamont à l'occasion de La Nuit de l'Année organisée par Phonurgia Nova. Le duo Harpon, au sein duquel nous renouvelons chaque fois notre inspiration, improvisera trois autres pièces intitulées Hypnotik, Rewind et une dernière dont je ne sais rien à l'heure qu'il est. Pour ses trente ans, le festival s'est baptisé Rewind Phonurgia. Tout s'explique, mais c'est aux spectateurs de se faire leur propre cinéma.

À l'aube j'admire les feuilles du platane à travers la résille. Je me laisse aller à la rêverie. Un platane, trois platines.

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