Cristobal Tapia de Veer, l'électro d'Utopia

Chose inhabituelle, après mon article sur la série britannique Utopia, j'ai acquis le CD de la musique composée par Cristobal Tapia de Veer. La partition électro tranche radicalement d'avec ce que les réalisateurs nous infligent le plus souvent, d'un côté un sirop piano et cordes lénifiant, de l'autre des pompes kitchissimes et grandiloquentes.

Chose inhabituelle, après mon article sur la série britannique Utopia, j'ai acquis le CD de la musique composée par Cristobal Tapia de Veer. La partition électro tranche radicalement d'avec ce que les réalisateurs nous infligent le plus souvent, d'un côté un sirop piano et cordes lénifiant, de l'autre des pompes kitchissimes et grandiloquentes.

Le contrepied musical humoristique offre la distance nécessaire qu'exige parfois la brutalité de l'action. La mécanique rythmée insiste sur les rouages de la machine infernale du complot. Les sons organiques tranchant avec l'électro popisante du laptop me rappellent le travail de mon camarade Sacha Gattino. Dans le livret on ne sera donc pas surpris que le réalisateur Mac Munden se réfère à Krystof Komeda, Stock Hausen & Walkman, et à Delia Derbyshire sur laquelle il réalisa un documentaire pour la BBC. Il y a en effet des réminiscences de White Noise en plus des drones et des rythmiques de tubo-percussions. Le Chilien émigré à Montréal souffle dans des os humains, tape sur une crotte de rhinocéros et enregistre les cris primaux d'un ami réalisateur lorsqu'il ne programme pas simplement son ordinateur portable. 75 minutes revigorantes !

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