Carving Songs

En découvrant le double album de remix de Carving Songs je me rends compte à quel point le rock est dans mes gégènes électriques. Industrielle, sombre et destroy, la musique de Controlled Bleeding interroge mes fantasmes adolescents. La rencontre du trompettiste Bernard Vitet, le goût des jazzmen pour l'improvisation et l'attrait de la musique contemporaine m'en détournèrent...

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Invité à participer au double CD de remix de l'album Larva Lumps & Baby Bumps (2016) du groupe new-yorkais Controlled Bleeding intitulé Carving Songs (2017), je renouai avec mes origines rock en composant Driving Through Darkness Lights Off où je joue de tous les instruments dont un solo de guitare électrique virtuel enregistré en une seule prise dont je suis très fier ! Suite à cette échappée, Paul Lemos me proposa de faire partie à part entière de leur prochain album, ce dont je m'exécute lorsque les pistes des nouveaux morceaux atterrissent sur mon écran.

En découvrant l'ensemble des contributions de Carving Songs je me rends compte à quel point le rock est dans mes gégènes électriques. Industrielle, sombre et destroy, la musique de Controlled Bleeding interroge mes fantasmes adolescents. La rencontre du trompettiste Bernard Vitet et le goût des jazzmen pour l'improvisation m'en détournèrent, comme l'intérêt que suscita chez moi la musique contemporaine. À la fin des années 70 le rock tournait en boucle, l'extraordinaire vague inventive, psychédélique ou soixantehuitarde, ayant été déjà canalisée par la récupération marchande des majors. Le jazz accouchait par contre de nouveaux courants qui s'affranchissaient du swing en intégrant les racines européennes, nationales ou régionales. Les enjeux économiques n'étaient évidemment pas les mêmes, le free jazz ne risquant pas de renflouer les caisses.

Carving Songs rappellent ces couleurs, bannière étoilée souvent déchirée, parfois planante, actualisée par l'apport de l'électronique et de la noise, mais toujours aussi inclassable. Je suis surpris de constater que mon remix ne fait pas tâche au milieu des autres. L'ensemble présente une homogénéité, probablement due à l'énergie des pièces originales de Controlled Bleeding, malgré la diversité des ambiances et des instrumentations. Je regrette que les notes de pochette ne soient pas plus précises à ce sujet. Elles ne livrent que les titres et le nom des vingt groupes ou artistes qui ont joué le jeu. Se succèdent ainsi Monolake, Barnacles, Child Bite, Child Abuse, Renalod & The Loaf, Zeitkratzer, Justin K Broadrick (Godflesh), Ramleh, Rothko, Tim Story, Perv, Ron Anderson, Crowhurst, ma pomme, Le Syndicat, Hélène Sage, Isobel Morris, Weasel Walter (Lydia Lunch Retrovirus), Merzbow, Meatleg. L'album s'ouvre sur TROD (Defiler's Song) par Controlled Bleeding themselves, morceau auquel je participe également ! Je rejoins ainsi Paul Lemos et Mike Bazini sur la seconde moitié, ma voix passée dans le H3000, un bol tibétain, des rhombes, un ours grizzli, un alligator, un cobra et quelques lions m'épaulant pour interpréter leur "Rhythm Of Death" :

https://controlledbleeding.bandcamp.com/track/trod-defilers-song-2

Carving Songs va de l'ambiant expérimental à la noise la plus radicale en passant par le hard et le gothique, le rock américain étant présent dans toutes ces chansons, des plus souriantes aux plus destroy, les rythmes lourds et entraînants ainsi que les guitares saturées constituant tout de même la base de l'album.

→ Controlled Bleeding, Carving Songs, Artoffact Records, téléchargement 10$, CD 16,98$, vinyle 25,98$ ou 29,98$

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