L'arnaque

Il est toujours utile de rappeler le fonctionnement de la Bourse, particulièrement en ce moment où les plus riches gagnent des milliards en profitant de la crise dite sanitaire alors que les files de pauvres s'allongent à l'heure des repas. À son issue les laquais des banques qui dirigent le pays justifieront de vendre l'État au privé en s'appuyant sur le déficit économique...

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Toujours utile à rappeler, particulièrement en ce moment où les plus riches gagnent des milliards en profitant de la crise dite sanitaire alors que les files de pauvres s'allongent à l'heure des repas. À son issue les laquais des banques qui dirigent le pays justifieront de vendre l'État au privé en s'appuyant sur le déficit économique. Dézinguer les services publics comme la Poste, EDF, la SNCF, l'Hôpital, c'est derrière nous, mais il reste suffisamment de secteurs, que nous avons payés avec nos impôts, qui partiront dans l'escarcelle des multinationales. Les petits sont mangés par les moyens que dévorent les gros rachetés par les énormes. Ils ont placé leurs hommes un peu partout à la tête des gouvernements et ils se sont rendus maîtres des médias. Ce n'est pas un complot, cela s'appelle le capitalisme, c'est un système. Pour arriver à leurs fins morbides, certains en profitent pour faire passer les lois les plus iniques, empêchant la moindre contestation sous couvert de pandémie. La population, pétrifiée par les annonces anxiogènes, est pour sa majorité anesthésiée. Il est tout de même nécessaire de rappeler quelques bases !

Article du 3 février 2008

La Bourse est la plus grande escroquerie que le Capital ait inventée pour arnaquer les petits au profit des plus gros. Lorsque la Société Générale vend des actions pour éponger ses pertes, il y a bien à l'autre bout quelqu'un qui les achète ! Si nombreux furent ruinés par la Crise de 1929, d'autres s'y enrichirent. Émile Zola relate très bien les mécanismes boursiers dans son chef d'œuvre L'argent et, plus schématiquement, Oliver Stone dans son film Wall Street en explique la manipulation. Les fluctuations du marché sont générées par le volume des ventes et des achats. Or seuls les gros actionnaires peuvent influer sur les cours puisqu'ils sont les seuls en mesure de produire des flux suffisants pour provoquer hausses et baisses. Les petits porteurs ne peuvent que suivre, ou pas...

Ainsi, un gros actionnaire qui vend en masse, évidemment au taux le plus haut, provoque une chute des cours. La panique que produit cette baisse pousse les petits épargnants à vendre à leur tour, mais cette fois à la baisse. Leur nombre fait encore baisser le cours, et lorsque l'action s'est suffisamment cassée la figure, le gros rachète en masse à un taux ridiculement bas, et l'affaire est dans le sac. Il a vendu au taux le plus haut et tout racheté au taux le plus bas. Les petits, eux, ont vendu dans la panique à un taux bien inférieur à celui auquel ils avaient acheté. La Bourse est donc simplement un système élaboré pour piquer les sous des petits épargnants au profit des plus gros.

Les banques se présentent à leurs clients comme des entreprises de services. En réalité ils jouent avec l'épargne de tous. Ne pouvant conserver ses liasses, même minimes, sous l'oreiller, chacun est quasiment obligé de posséder un compte en banque. Le banquier fait du profit avec toutes ces sommes, placées ou pas, et ponctionne même des frais de gestion, ce qui est d'un cynisme achevé. Non contente de faire du profit avec nos portefeuilles, elle nous en fait payer les frais ! Comprenez bien qu'il ne s'agit pas du guichetier ou du chargé de clientèle, ceux qui font partie du "back office" ni même les traders à l'adrénaline excédentaire qui forment le front office, mais ceux qui les emploient. Le système bancaire est une arnaque aussi élaborée que la Bourse comme la plus-value sur le travail des salariés. Personne ne semble s'en émouvoir. C'est le Système ! Il s'agit d'une gigantesque entreprise de fraude caractérisée, légale, universelle, et chacun d'entre nous en est la victime, quelle que soit la valeur de son compte en banque.

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