Il n'y a plus de secret

Dans une lettre datée du 5 novembre 2052, Laure Nbataï écrit : "En 2018 Jean-Jacques Birgé se tourne vers son passé en enregistrant une pièce par décennie, réfléchissant à la fois son parcours et l’époque où il s’inscrit. En hommage à son père féru de science-fiction, il imagine également les décennies à venir, composant trois pièces d’anticipation...

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Les neuf indices (1 2 3 4 5 6 7 8 9) livrés dans cette colonne pouvaient-ils laisser présager de ce qui se tramait. Étienne Mineur s'y entend d'ailleurs en trames, au vu de sa création graphique, 52 pages hautes en couleurs. J'ai mis dix ans à accoucher de ce projet. Dix ans. Chaque pièce de l'album représente d'ailleurs une décennie. Les chiffres !? Avant l'ultime pièce due à Sacha Gattino, mes compositions durent un total 52 minutes, pas une seconde de moins. C'est aussi l'année de naissance. Mon chiffre préféré a toujours été le 7. Ajoutez ou multipliez, vous retomberez toujours sur ce tiercé, 52-7-10. Une martingale. Dans mes cauchemars d'enfant, le 7 épousait le rythme de ma respiration, probablement celle de ma mère ce mercredi de novembre. Non, ce n'était pas le septième mois. Le septième est celui de juillet ! On y est. Un obsessionnel fait dire aux chiffres ce qu'il veut. Libre au compositeur de jongler avec eux comme avec les mots. La musique est de cet ordre. Je l'aurai tordue dans tous les sens.

Dans une lettre datée du 5 novembre 2052, Laure Nbataï écrit :
"En 2018 Jean-Jacques Birgé se tourne vers son passé en enregistrant une pièce par décennie, réfléchissant à la fois son parcours et l’époque où il s’inscrit. En hommage à son père féru de science-fiction, il imagine également les décennies à venir, composant trois pièces d’anticipation. Cette évocation vectorielle ressemble à un spectacle d'ombres chinoises dont les apparences se confondent avec le réel. Pour conclure l’album, le compositeur Sacha Gattino s’est fait un devoir d’écrire un Tombeau en hommage à son camarade.
Par souci d’authenticité, Jean-Jacques Birgé mêle des archives, dont la plus ancienne date de 1958, à des enregistrements réalisés avec nombreux musiciens et musiciennes parmi ses amis. On retrouve ainsi les chanteuses Elsa Birgé sa fille, Pascale 
Labbé, Birgitte Lyregaard, son camarade d’Un Drame Musical 
Instantané Bernard Vitet à la trompette, le trombone Yves Robert, le corniste Nicolas Chedmail, le compositeur Antonin-Tri Hoang à la clarinette basse, les guitaristes Hervé Legeay et Philippe 
Deschepper, le violoncelliste Didier Petit tandis que Vincent Segal est à la basse, les batteurs Cyril Atef et Éric Échampard, l’accordéoniste Michèle Buirette, la créatrice sonore Amandine 
Casadamont et Sacha Gattino mélangeant échantillonneur, boîte à musique orgue et sifflement.

Pour sa part, tout au long de ces dix décennies formant ce petit opéra, on peut entendre le compositeur au synthétiseur, son instrument de prédilection dont il fut l’un des premiers utilisateurs en France dès 1973, mais aussi au Theremin, au Tenori-on, à la Mascarade Machine, à la trompette, à la flûte, à la cythare inanga et à la guimbarde, son instrument fétiche. Sa voix est également présente, de l’enfance à l’âge adulte, dont trois passages chantés."

→ Commandes anticipées chez le distributeur Orkhêstra, ou auprès du label GRRR
si vous désirez le recevoir avant sa sortie officielle le 7 septembre...

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