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Billet de blog 10 juin 2022

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*** avec Fabiana Striffler et Csaba Palotaï

Chacun/e avait apporté cinq recettes de cuisine ou souvenirs culinaires. Comme chaque fois que je pique-nique au labo, les titres sont des prétextes. L'idée est de jouer pour se rencontrer et non le contraire comme nous en avons l'habitude. La violoniste allemande Fabiana Striffler et le gutariste hongrois Csaba Palotaï m'avaient rejoint mardi dernier...

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Chacun/e avait apporté cinq recettes de cuisine ou souvenirs culinaires. À tour de rôle, ce 7 juin 2022 (c'était mardi), nous avons annoncé le menu.

Dans l'ordre du jeu :
#1 Götterspeise
#2 Un café serré à Rome, à 4 h du matin juste avant l'aube, sur un toit-terrasse
#3 Ail noir
#4 Rollmops
#5 Màkostészta
#6 Mon pâté de foie
#7 Blutwurst
#8 Tacos à Mexico City dans le quartier Coyoacan
#9 Sorbets et crèmes glacées
#10 Kalter Hund
#11 Hot dog à Times Square
#12 Manger avec quelqu’un qui n’a pas d’appétit c’est discuter beaux-arts avec un abruti
#13 Zwieback mit Bananen
#14 Töltött paprika
#15 Phở


La violoniste allemande Fabiana Striffler était évidemment à l'origine de #1 (dessert à la gélatine plein de couleurs) / #4 (hareng mariné) / #7 (boudin noir) / #10 (sorte de gâteau au chocolat) / #13 (biscotte avec bananes, un truc pour les enfants malades).
Le guitariste hongrois Csaba Palotaï, plus cosmopolite, avait choisi #2 / #5 (pâtes au pavot) / #8 / #11 / #14 (poivron farci).
De mon côté, j'apporte des trucs que je sais bien faire : #3 L'ail noir évidemment / #6 (faire cuire 500g de foie de volaille et 350g de beurre salé dans du vin blanc, passer au mixeur avec un petit verre de cognac par exemple et des herbes, attendre 24 heures au réfrigérateur) / #9 (je suis abonné à Berthillon) / #12 (la devise de la famille) / #15 (un hit à la maison, improvisation jamais identique).


Comme chaque fois que je pique-nique au labo, les titres sont des prétextes. Il n'empêche que la densité du menu se fait sentir à l'écoute ! C'est copieux, varié et forcément délicieux. Fabiana est venue avec deux violons dont un qu'elle accorde différemment. Csaba a apporté sa Telecaster et son Organelle. Je trône au milieu de mes instruments, la plupart électroniques, mais j'ai sorti aussi la trompette à anche, des flûtes, des guimbardes, un harmonica, des percussions, ma shahi-baaja et le frein. Dans la dernière pièce j'ai prêté l'arbalète de Bernard à Fabiana qui hallucinait.


J'avais déjà préparé la pochette avec une photo de ravioles de navet cru farcies de caille, émulsion d'escabèche et légumes, prise en 2016 au restaurant Er Occitan à Bossost en Espagne. *** m'a paru un titre amusant pour notre trio all stars ! L'album, en écoute et téléchargement gratuits sur drame.org, est aussi sur Bandcamp, comme la plupart des disques virtuels produits dans ces conditions. Il présente les quinze compositions instantanées in extenso dans l'ordre où nous les avons jouées. J'ai appris que l'Ircam appelait cela comprovisation ! C'est pas mal. Je trouve cela drôle. Donner le nom à ce que nous produisons les uns et les autres depuis plus d'un demi-siècle, est tout de même une manière de s'approprier des pratiques desquelles ils étaient passés à côté, et d'en faire tout un foin, comme l'aspirotechnie pour l'ancestral souffle continu.


Ces rencontres sont un véritable plaisir. Je retrouve mon âme d'enfant comme lorsque je me vautrais par terre avec mes jouets, et les parties de rigolade avec ma petite sœur et mes copains. L'idée est de jouer pour se rencontrer et non le contraire comme nous en avons l'habitude. C'est chaque fois rechercher la passion des débuts lorsqu'il n'y avait aucun autre enjeu que le plaisir. Ce n'est pas un hasard si j'avais inscrit sur ma carte de visite la phrase de Jean Cocteau, "La matin ne pas se raser les antennes". Ensemble, c'est encore mieux.


Lorsque j'enregistre je suis dans un état second. J'entrevois ce que nous avons fait au mixage et je le découvre véritablement lorsque je le mets en ligne. C'est ce qu'on appelle partager, avec mes invités d'abord, avec vous ensuite. Dans mon métier, dans ma vie, c'est ce que j'aime le plus.


→ Birgé Palotaï Striffler, *** sur drame.org et Bandcamp

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