Profession deux fois

La position du blogueur touché. Rappel, paradoxes, commentaires...

deformation
Je m'y attendais. Avant-hier, en plaçant un article sur mon voyage à Venise en une, la rédaction de Mediapart m'a attiré quelques commentaires désagréables. Par contre peu de réaction hier à propos de mon billet sur la Biennale... Certains lecteurs m'accusent de prendre l'avion (le train de nuit avait été supprimé, mais une lectrice m'apprend que l'Italie l'a rétabli), de condamner le tourisme de masse alors que j'y participe à ma manière, de préférer le voyage à la lecture sur le sujet, etc. J'ai l'habitude de ce genre d'attitudes d'abonnés qui n'écrivent jamais d'articles, mais répandent systématiquement leur fiel à la façon des trolls. Même si je les comprends parfois, je ne peux prendre pour moi la plupart de leurs critiques, tout simplement parce qu'aucun de mes articles n'existe en soi. Il fait partie d'un corpus beaucoup plus important, plus de 4000 à l'heure actuelle. Les réponses ou les attendus sont à chercher dans l'ensemble, mais ce n'est pas facile d'y faire des recherches (mon blog drame.org a des fonctions sélectives plus fonctionnelles que son miroir sur Mediapart). Je ne peux pas non plus exiger de mes lecteurs ou lectrices occasionnel/le/s de se coltiner 14 ans de billets quotidiens (j'ai commencé en 2005, donc bien avant la fondation de Mediapart). Je comprends donc que je puisse irriter les un/e/s ou les autres s'ils ou elles ne perçoivent qu'un seul angle de vue, mais, je le répète, je ne peux rappeler chaque fois le contexte global ou mes professions de foi qui sont en dénominateur commun.

Écrire un article chaque jour me prend trois heures, or ce n'est pas mon gagne-pain (je paye mon abonnement à Mediapart comme tout le monde), et je dois continuer ou j'aime continuer à exercer parallèlement mes activités artistiques. J'essaie chaque fois d'avoir un point de vue personnel, je n'y arrive pas toujours, et mes articles sont souvent militants, entendre qu'ils évoquent généralement des sujets peu ou pas traités par les professionnels. J'ai par ailleurs écrit dans de nombreuses publications : Le Journal des Allumés du Jazz (dont je fus co-rédac'chef pendant 10 ans), Muziq, Jazz Magazine, Jazz@round, Jazzosphère, Citizen Jazz, Les Nouveaux Dossiers de l'Audiovisuel, La Revue du Cube, L'Autre Quotidien, La Nuit, Les Cahiers de l'Herne, Le Monde Diplomatique... Mais ces textes sont d'une autre nature, le blog m'offrant de parler à la première personne du singulier sans que l'on me corrige en introduisant des erreurs qui n'y étaient pas ! J'apprécie cette liberté, sans la pression des annonceurs ni celle d'une hiérarchie quelconque, quitte à ce que cette pratique reste amateur, terme qui vient du verbe aimer !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.