CQFD

La photo de jeudi dernier avait été prise après que j'ai écrit l'article "Surtout pas de répétition", mais elle en illustre très bien le propos. Si cela avait été l'inverse, je m'en serais servi pour l'illustrer. Reprenons. C'est une histoire de reflet, ou de réflexion entre l'original et sa copie artificielle...

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La photo de jeudi dernier avait été prise après que j'ai écrit l'article Surtout pas de répétition, mais elle en illustre très bien le propos. Si cela avait été l'inverse, je m'en serais servi pour l'illustrer. Reprenons. Mais avant cela, je passe mon portrait au filtre à l'huile pour le différencier du cliché de jeudi, accentuant ainsi ma petite analyse.


Donc, d'un côté l'original, de l'autre son (mon) reflet dans la vitre. Or celui-ci n'est qu'une pâle imitation avec la grille de bois que j'identifie à une prison, comme toute tentative de figer les choses en amont, anticipant l'instant magique du concert (là je me réfère au précédent article évidemment). Ainsi, les véritables feuilles du charme surplombent la peinture du palmier, ou encore les briques peintes en trompe-l'œil sur le mur s'opposent au bois de cèdre parfumé. Vrai ciel blanc contre faux ciel bleu. Mon œil est perdu dans le vague, mais mon oreille est dressée vers la vague que je cache avec ma chemise où sont représentées des plumes, plus colorées que celles du pigeon occis par Django et qui gît à mes pieds. Ma main droite bouge simultanément deux potentiomètres tandis que la gauche n'est pas tout à fait bien placée, suggérant aux aficionados que la photo n'est qu'une reconstitution et que je fais tout simplement semblant de jouer. La situation de plein air peut mettre la puce à l'oreille des autres. Et je ne parle pas du cadre qui vous ferait bien rire si je l'élargissais ! Comme pour toutes les photographies qui accompagnent mes textes, je recadre au besoin. Dans la vitre du sauna se réfléchit le mur du studio d'enregistrement, rappelant que cette mise en scène relate malgré tout mon quotidien, qu'il soit musical ou extra-musical. Enfin, si j'ai choisi le cadre et la pause, je n'ai pas appuyé sur le bouton de pose. Il y a plus de signes que je n'en vois au premier abord, fussent-ils dictés par mon inconscient.


Comme je l'ai déjà expliqué, mes billets se lisent aussi toujours à différents niveaux de proximité, selon la complicité que j'entretiens (ou pas) avec mes lecteurs et lectrices. Au delà du mélange d'universalité et de révélations à la première personne du singulier que je me suis fixé dès le début du blog il y a 14 ans, je parsème ici et là des indices qui trouveront, pour la plupart, leur résolution dans de prochains billets... Là où c'est compliqué, pour ne pas dire complexe, c'est que j'écris souvent comme si le lecteur ou la lectrice avait tout lu, ce qui est absurde voire impossible. Je reçois ainsi des messages d'internautes, surtout sur Mediapartdrame.org est en miroir, réagissant à un article sans en connaître le contexte, et je suis obligé de m'expliquer alors que je me vois mal répéter chaque fois dans quelles perspectives tout cela s'inscrit... La répétition, c'était justement le sujet du billet de jeudi et aujourd'hui j'ai vraiment l'impression de rabâcher ! CQFD ;-)

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